CORONAVIRUS AU CAMEROON
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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Economie

Cameroun: Gagner sa vie en vendant des beignets et du jus de gingembre

Agée d’une trentaine d’année, mère célibataire de 3 enfants, Eveline vend du jus de gingembre avec des beignets farine, au marché Ekounou, dans l’arrondissement de Yaoundé IV.

« Asso Asso !!! Emballe-moi les beignets de 200 Fcfa et le djindja de 100 Fcfa », lance Ariane. Tout à côté scande Josiane : « Evé, moi je veux le djindja de 50 Fcfa et les beignets de 100 Fcfa. Je mange sur place… ». Autour de cette commerçante, l’ambiance est bon enfant. Des commandes se succèdent. Pas de temps de répit pour Eveline qui, une fois ses casseroles de jus et de beignets installés, doit faire face aux sollicitations des clients.. « Une fois que je suis installée, c’est comme ça. Mon quotidien est parfois stressant je n’ai même pas le temps de souffler mais je le fais avec amour et joie » confie Eveline. Cette clientèle de plus en plus pressante est le résultat d’une conduite irréprochable et de ses 4 ans d’expérience. « Ça fait 4ans déjà que je vends des beignets djindja dans ce marché. J’ai beaucoup de clients. Mais il y’a quand même des jours où le marché est dur », dit-elle.

Ambitieuse, cette dame s’est vue contrainte de faire cette activité à la suite d’une déception amoureuse. « Avec trois enfants à ma charge, je ne
pouvais pas rester à m’apitoyer sur mon sort. Il faut bien qu’ils mangent, aillent à l’école, prennent des médicaments. Et je dois aussi prendre soin de moi et surtout payer le loyer
», raconte Eveline.. « Après ma séparation je n’avais rien. J’ai donc contacté mon grand frère, je lui ai fait part de mon souhait de faire un petit commerce pour m’occuper des enfants et il n’a pas hésité à m’envoyer de l’argent qui m’a permis de me lancer dans cette affaire ».

Emploi de temps

« Ça été très difficile de m’habituer à ce nouveau rythme. Car avec les enfants qui partaient encore à l’école, vu que c’était en plein milieu d’année
scolaire, il fallait que je me réveille au petit matin pour faire les beignets puis apprêter mes enfants pour l’école. D’ailleurs c’est devenu une routine aujourd’hui. Je dois me lever tous les jours entre trois et quatre heures pour commencer la friture »
. Cependant, Eveline connait ménager son emploi de temps. « Quand je rentre du marché le soir, je fais la cuisine et le ménage. Ensuite, je pétris la pâte pour les beignets, apprête et écrase le djindja que je fais bouillir. Je me couche au plus tard à 21h après avoir aidé mes enfants à faire leurs devoirs. Le réveil c’est toujours entre 3 et 4h du matin pour faire frire les beignets. J’arrive souvent au marché à 7h30 car les enfants doivent d’abord partir à l’école ». Et pendant les vacances, elle se fait aider par ses nièces «C’est avec ses beignets que je déjeune presque tous les matins », confie une cliente. Pour une autre, « Elle est propre. En plus elle est fidèle à son poste ».

Recettes journalières

En effet, le commerce de jus de gingembre et de beignets permet à Evelyne de joindre tant bien que mal les deux bouts. « J’arrive quand même à nourrir mes enfants, les soigner, payer leur école. Je me bats comme je peux pour économiser dans les réunions et payer mon loyer. J’arrive aussi à assister ma famille de temps en temps. Ce n’est pas toujours évident mais je dois tenir ». Cependant, ces ventes connaissent aussi des périodes de vache maigre. « En saison pluvieuse, je fais moins de marchandises car il pleut et parfois ça ne finis pas ». Pire encore, depuis que la pandémie est arrivée, les ventes ont littéralement chuté. « En temps normal, je pouvais vendre 17 000 Fcfa ou même plus par jour. Mais depuis que le coronavirus a fait son apparition, je vends à peine 7000 Fcfa par jour. En plus même, tous les prix ont augmenté sur le marché. Le paquet de plastique qu’on payait à 250 Fcfa coûte à présent 500F. C’est devenu très compliqué et on ne s’en sort plus. On essaie de s’adapter mais c’est dur ». L’activité de la jeune femme a aussi subit les coups de la grande fâcheuse, le coronavirus, au point où elle a envoyé les enfants chez sa maman au village, dans la région de l’Ouest.Et pour contribuer à sa manière à la lutte contre la covid-19, elle arbore son masque et donne du gel à toutes ses clientes. Celles-ci doivent se laver les mains avant d’être servi.

Noel TALA (Stg)

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