Politique

Cameroun – Fru Ndi sauve Joshua Osih : Que va faire Nintcheu?

La réunion du Nec de samedi dernier, a donné l’opportunité au Chairman de montrer qu’il est encore aux commandes en sauvant son premier Vice-président de l’exécution politique.

En pleine salle surchauffée dont les failles des tendances entre Joshua Osih et Jean Michel Nintcheu sont béantes, le fondateur du Sdf ne sait plus très bien comment faire pour recoller les deux morceaux qui visiblement courent vers une division irréparable. « Nintcheu, je vais t’apporter le 8(2)! », menace-t-il pour calmer les ardeurs du président régional du parti à la balance dans le Littoral. « Il faut le faire », réplique son interlocuteur sans coup férir. Dans ce sillage, des ténors du parti à l’exemple d’Aoudou sont remontés et reprochent au Chairman une décision « unilatérale » et « sentencieuse » dans l’affaire au cœur de la réunion. On se souvient qu’au dernier Nec du mois dernier, la décision de l’auto exclusion du numéro deux du parti, avait été confiée à la Commission juridique du parti pour examen. Ce samedi 12 juin était donc un grand jour, le jour de la vérité, pour trancher si Joshua Osih est exclu du parti ou pas. Les observations de la Commission sont tombées en faveur d’Osih. Les hommes de droit du Sdf ont relevé des vices de procédure dans la décision du constat de cette auto exclusion.

Par exemple, Joshua Osih, l’incriminé n’avait pas été convoqué devant les instances dirigeantes du Sdf Littoral, ou que le quorum statutairement exigé pour délibérer n’était pas atteint. Chose suffisante pour mettre la salle en ébullition, car du côté de Nintcheu on raille la Commission juridique qui aurait sorti cette nouvelle trouvaille de quorum non atteint de son petit chapeau, car affirme-t-on ici, le bureau était majoritairement réuni pour constater cette réalité qui exigeait l’application du 8(2). Dans le même sens, ses partisans indiquent qu’on n’a nullement besoin d’écouter tout militant qui est frappé par cet article d’exclusion. Les dirigeants passent directement à la prise de la décision. C’est en s’appuyant donc sur les observations de la Commission juridique, que le Chairman a pris ses responsabilités en mettant un terme, croit-on savoir, à cette affaire qui déchire son parti.

Epée Damoclès

Les frustrations abondent dans le camp de Nintcheu où l’on attendait à défaut d’une exclusion d’office, une remise de la sanction sur la table du Nec pour débat et d’en finir par un vote. Quant à Joshua Osih, on annonce qu’il a pris la parole pour s’exprimer en toute humilité qu’il avait porté sa signature sur la lettre adressée aux autorités américaines de bonne foi parce qu’il pensait que c’était toute la Chambre qui signait et non un groupe de députés. « Personne ne sera donc exclue du parti, c’est le Sdf qui sort grandi », scandent les proches de Joshua Osih. Pour donner une ambiance qui prévalait samedi dernier au siège du Sdf, le député du Wouri était l’un des derniers à quitter les lieux, contrastant de ce fait avec le précédent Nec où son départ avant la fin de la réunion avait fait les choux gras de la
presse.

Il était alors accusé d’avoir claqué la porte du Nec. Samedi dernier, dans le préau du siège du parti, ils distribuaient des poignées de mains aux camarades qui venaient vers lui, pour le féliciter, manifestant leur joie qu’il ait échappé à l’épée de Damoclès ou précisément à la guillotine qui lui était réservée avant la tombée de la nuit. C’est donc Joshua le miraculé ! Au moment où le Chairman s’apprête à s’envoler vers les États-Unis dans quelques jours, son vice-président tient désormais d’une main ferme les rênes du parti, en attendant le retour de son mentor dont personne ne sait le jour.

Que va faire Nintcheu?

« La lutte pour un changement véritable dans notre pays continue malgré des vents et des marées entretenus par ceux qui trouvent leur compte dans le stutu quo au détriment de l’immense majorité des Camerounais », lit-on sur sa page Facebook dont les extraits sont abondamment relayés sur la toile. On apprend aussi qu’il a tiré les leçons de son échec à constater l’exclusion de Joshua Osih. « Le Sdf Littoral a joué sa partition, à savoir appliquer le 8(2) contre un militant qui présente la particularité de nuire considérablement et de façon permanente à l’image du parti », s’offusque-t-il avant d’indiquer que le Nec en a décidé autrement. Il en a profité pour appeler les militants en particulier et le peuple épris de changement à tirer les conséquences qui s’imposent. Comme on le voit, l’unique certitude est que cette décision du Chairman ne va pas atténuer ou émousser la détermination de Jean Michel Nintcheu d’atteindre ses objectifs politiques au sein du Sdf. Quel est le fond du problème entre le promoteur du « Suffer don finished » et son poulain Nintcheu? « John Fru Ndi voit en Nintcheu ce qu’il était quand il lançait le Sdf! C’est un peu à quelque chose près, la même guerre en son temps entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy en France », se confie un cadre du Sdf. Il faut donc s’attendre en permanence, que les bisbilles s’enveniment au sein du parti entre les deux camps. La lame de fond de cette guéguerre étant bien entendue alimentée par la méthode ou la stratégie actuelle du Sdf de mener l’opposition face au pouvoir. Pour le dire de manière prosaïque, le parti est traversé par les secousses de la compétition pour la succession de Ni John Fru Ndi à la tête du parti, prévue en principe en 2023.

Léopold DASSI NDJIDJOU

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