Cameroun: Fru Ndi, président à vie du Sdf ?

Selon le chairman, aucun aspirant à sa succession n’a encore véritablement fait ses preuves. Lors d’une conférence de presse samedi dernier à Yaoundé, en prélude aux cérémonies marquant le 25e anniversaire du Social democratic front (Sdf), le 26 mai prochain, son président national, Ni John Fru Ndi, est revenu sur un certain nombre de questions qui travaillent la vie du parti ces derniers temps, notamment les démissions de cadres, l’indiscipline, sa longévité à la tête du parti, etc. Le chairman explique son bail sans fin à la présidence du parti qu’il créa le 26 mai 1990 par le fait qu’au sein de celui-ci, ceux qui veulent lui succéder sont pour la plupart des personnes politiquement inexpérimentées, qui, pour certains, ne possèdent même pas la carte de membre du Sdf. Pour Ni John Fru Ndi, ses challengers, ou du moins, ceux qui aspirent à l’éjecter de son siège, doivent avant tout faire leurs preuves en politique. Lui, peut se targuer aujourd’hui d’avoir énormément contribué au débat démocratique au Cameroun, dès les débuts de la décennie 1990. Ce qu’il faudrait donc comprendre c’est que le chairman ne songe pas encore à une quelconque retraite politique. C’est d’ailleurs la logique locale, qui veut que les fondateurs de formations politiques en assurent la présidence à vie.
Pour ce qui de l’indiscipline, dont le cas le plus récent est celui du conseiller municipal à la mairie de Douala 5e, Elimbi Lobè, Ni John Fru Ndi réitère que ce dernier n’est pas un militant extraordinaire, à qui il est permis de prendre des libertés avec la discipline du parti. En prenant notamment la parole à tort et à travers au nom du parti et défiant quasiment la hiérarchie. Sur les démissions en des cadres du parti, dont les derniers cas en date sont ceux de la secrétaire générale Elisabeth Tamanjong et l’ancien député et membre du National executive comity (Nec), Aka Amuam, le président national du Sdf dit n’avoir pas été à l’origine de leur départ. La plupart de ceux qui ont quitté le navire Sdf ces dernières années accusent pourtant le chairman d’avoir travesti la vision et la mission départ du parti. Certains l’accusent même d’avoir pactisé avec l’ogre Rdpc, de qui il recevrait tout le temps des mallettes d’argent. Des « allégations » que Fru Ndi rejette en bloc, estimant qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de « tentatives désespérées » visant « à saper notre force et notre popularité » et ternir l’image du leader qu’il est. « Aujourd’hui (…) l’air et les médias ont été pollués avec des histoires sans fondement sur le Sdf qui aurait bu et mangé avec le Rdpc ». A preuve, Fru Ndi aurait « des milliards planqués dans des comptes personnels », minimise le chairman. Qui croit néanmoins en l’avenir de son parti.

Jean Dedieu Bidias

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