Aussi, de ce qui ressort des sources bien introduites dans les universités d’Etat, le recrutement des 1000 enseignants fait également face à un dilemme : celui de la politique de l’équilibre régional et celui de la méritocratie.
« Le critère de base c’est celui de l’excellence. Nous sommes dans le cadre d’un concours de recrutement de la Fonction publique. Et de ce point de vue, il y a d’autres critères d’ajustement qui sont habituellement mobilisés. Il y a le critère sociologique et désormais, le critère de genre. Un autre critère a aussi été souligné : celui de la prise en compte particulière de nos compatriotes vivant à l’étranger », avait d’ailleurs indiqué dans le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune, le Pr. Adolphe Minkoa She, recteur de ladite université et président de la Commission consultative de recrutement des assistants.
Plusieurs recteurs auraient fait prévaloir le critère de la politique de l’équilibre régional, alors qu’aux services du Premier ministre, il serait reproché aux recteurs d’avoir trop respecté le critère de la politique de l’équilibre régional. Et donc, à ce niveau, c’est le critère de la méritocratie qui devrait prévaloir, au point où tout serait bloqué et tendrait même à reprendre le travail à zéro. Un argument qui semble pertinent.
Cette situation donne alors du grain à moudre aux observateurs sociopolitiques. « Pourquoi c’est maintenant seulement qu’on ferait prévaloir le critère de la méritocratie dans la Fonction publique, alors que la politique de l’équilibre régional a toujours sous-tendu l’entrée des Camerounais aussi bien dans les grandes écoles que dans la Fonction publique et même lors des nominations à des postes de responsabilité au niveau administratif et gouvernemental ? », s’indigne-t-on à Yaoundé. A en croire l’observateur Abdoulaye Ado, dans une tribune au journal L’œil du Sahel, du samedi 14 mars 2015, « Les origines de cette politique (équilibre régional, Ndlr) remontent au décret présidentiel n° 75/496 du 03 juillet 1975 qui prévoyait la répartition des places pour les concours en tenant compte de la région d’origine des parents du candidat. Ensuite, le décret n° 82/407 du 07 septembre 1982 est venu modifier et compléter le décret de juillet 1975. Le décret n° 2000/696/PM du 13 septembre 2000 fixant le régime des concours administratifs a réitéré cette option. Mais la précision chirurgicale de cette option est venue de l’arrêté du ministre de la Fonction publique den 1992, celui-ci tient compte du poids démographique des différentes régions ».
Comme exemple patent, il cite « Aussi, l’inégalité de répartition ou la difficulté d’accès à l’éducation dans la partie septentrionale, les régions de l’Est et du Sud de notre pays, est une raison majeure pour le maintien de cette politique de l’équilibre régional. Il n’est même plus superflu de dire que la politique de l’équilibre régional est une chance pour le Cameroun, mieux un gage de paix et de stabilité. Celui qui, sans raisons fondamentales, va s’attaquer à cette politique, s’attaque au même moment à la paix, la stabilité et la sécurité de notre cher beau pays ».
C’est malheureusement ce vers quoi on tendrait de nos jours. Au sortir de l’audience que lui a accordée le PM, le 24 septembre, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice Garde des Sceaux, Jean De Dieu Momo, s’exprimant au micro de la CRTV, a indiqué que la « révision du décret de 1982 sur la politique de l’équilibre régional » fait partie de ses deux propositions pour le Grand Dialogue national inclusif. Ledit décret prévoit : 5% de places à l’Adamaoua, 18% à l’Extrême-Nord, 7% au Nord, 15% au Centre, 4% à l’Est, 4% au Sud, 13% à l’Ouest, 12% au Littoral, 12% au Nord-Ouest, et 8% au Sud-ouest.
En définitive, la gestion du recrutement des 1000 enseignants détenteurs du doctorat PHD dans les universités d’Etat, que le président de la République, Paul Biya, veut prioritaire pour les Camerounaises et Camerounais sans emploi vivant sur le territoire national et à l’étranger.





