Société

Cameroun – Entreprenariat : Vendre des babouches en caoutchouc pour gagner sa vie

Dans certaines artères de la ville de Yaoundé, les pratiquants de cette activité sont confortablement installés à la recherche de leurs pains quotidiens.

Il est 12h au lieu-dit « Rail Ngousso » dans l’arrondissement de Yaoundé V. Il fait un soleil à cuire un hippopotame. Recroquevillé sous un vieux parasol défraichi, un fabricant de babouches en caoutchouc est assis sur ce qui tient lieu d’atelier. Devant lui sont installés ses outils de travail à l’instar des couteaux, des lames, la machine à limer le couteau, des vieilles roues de camions, de camionnettes et de Caterpillar. Ces roues, considérées comme matière première, n’ont pas un montant fixe. « Tout dépend de la grosseur, et de l’état de la roue. On peut par exemple acheter une roue de camion déjà usé à 15000 Fcfa. Et acheter une roue de Caterpillar à 20000 Fcfa », a expliqué Sévérin, pratiquant de cette activité depuis plus d’une quinzaine d’année. C’est sur ces roux qu’il coupe le caoutchouc pour fabriquer les babouches dont les prix varient en fonction des qualités.

Les prix oscillent entre 1000 Fcfa et 2500 Fcfa. « Les babouches dépendent des grosseurs. Celles qui ont plus d’épaisseur coutent 2000 Fcfa et celles qui ont moins d’épaisseur valent 1000 Fcfa », a-t-il déclaré. Il estime aussi que les prix des babouches dépendent des pointures de tout un chacun. « Jusqu’à la pointure 40, les babouches avec une petite épaisseur coutent 1000 ou 1500 Fcfa. Et à partir de la pointure 41, on prend 2000 voire 2500 Fcfa pour celle. Tout dépend du client qui est en face de nous », a-t-il poursuivi. Un avis qui n’est pas soutenu par un autre fabricant au quartier Eleveur dans le même arrondissement. « Les petites pointures valent 1500 Fcfa. Et celles qui ont la grosse épaisseur coutent 2500 Fcfa. Ces prix sont non négociables », a affirmé Jean-Calvin.

Il a également expliqué comment les recettes se font chez lui et aussi chez ses autres collègues. « Très souvent, les clients passent les commandes avant qu’on fabrique. Mais, on peut aussi fabriquer et exposer avant que les passants achètent s’ils sont intéressés », a-t-il expliqué. Pour l’un de ses collègues, le manque de client est considéré comme un inconvénient de l’activité. « Je pense que la principale difficulté est le fait qu’on peut se retrouver en train de faire des jours sans travailler lorsqu’il n’y a pas de commande », s’est irrité l’un d’eux au quartier Manguier dans l’arrondissement de Yaoundé I. Les achats faits par les clients permettent à ces fabricants d’engranger les revenus au quotidien. « Je peux avoir 2000, 4000 et parfois même 5000 Fcfa par jour », a confié Sévérin.

DILAN TACHEKAM KAMNO (Stg)

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