Cameroun : Émeutes à Yaoundé après le meurtre d’un conducteur par la police municipale « AWARA »

Emeute à Yaoundé

Un conducteur a été tabassé hier par les agents de la police municipale du premier arrondissement. Après cet incident, le préfet du Mfoundi a pris
des mesures.

Carrefour Elig-Edzoa, il est 14h ce mercredi 13 février 2019. Le calme est revenu. Commerçants et « moto-taximen » sont à la recherche de potentiels
clients. Rien avoir avec l’agitation de ces mêmes vendeurs, il y a quelques heures plutôt aux environs de 09h. C’est qu’à cet endroit, une altercation a opposé les agents de la Commune de Yaoundé 1er et un conducteur de moto. Suite aux nombreux coups de poing envoyés précisément par l’agent dénommé Oba, William Victor Embere, le jeune « moto-taximan » de 23 ans a perdu connaissance. Selon les témoignages recueillis hier au quartier Elig-Edzoa, le conducteur de moto tabassé a rendu l’âme dans une formation hospitalière quelques minutes après avoir été bastonné par les agents de la police municipale.

Une situation qui a provoqué la colère des « moto-taximen » en particulier. Adamou Regan Njoupemrane, l’adjoint au commandant de la gendarmerie au quartier Manguiers dresse le bilan de ces agitations : « pris de panique, ses collègues l’ont transporté à la clinique Ze Meka. Les routes ont été bloquées. Véhicule de la mairie de Yaoundé 1er et moto ont aussi été incendié. Cependant, aucun mort n’a été enregistré. Le jeune a été transporté dans une formation hospitalière » . Les conducteurs de moto en colère en incendié plusieurs pneus sur la chaussée. Ils sont allés également au siège
de la mairie de Yaoundé 1er pour manifester leur mécontentement. L’on a frôlé le pire hier dans la ville de Yaoundé. Des commerçants ayant assisté à la scène nous ont expliqué qu’en fait, les agents de la commune ont stoppé la moto de William Embere pour vérifier s’il avait payé l’impôt et aurait un permis de conduire. N’étant pas en règle et après de vaine arrangements, le mot-taximan aurait donné son trousseau de clé. Dans ce trousseau de clé, s’y trouvait celle de sa maison qu’il voulait récupérer. Insultes et élévations de voix auront provoqués l’altercation.

Réactions du préfet

On se rappelle qu’il y a quelques jours, une autre bagarre a eu lieu au marché central entre les commerçants et les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy). Face à ces violences répétées de la part des agents communaux, Jean Claude Tsila, le préfet du Département du Mfoundi a décidé de suspendre les activités des polices municipales de la Communauté urbaine de Yaoundé et des Communes d’arrondissement de Yaoundé sur toute l’étendue du Département du Mfoundi pour une durée de trente jours. L’Arrêté préfectoral ajoute que la présente mesure est susceptible d’être reconduite si les nécessités l’imposent. « Le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, les maires, le commandant du Groupement de gendarmerie territoriale du Mfoundi, les commandants de Compagnie de gendarmerie de la ville de Yaoundé, les commissaires centraux sont chacun de l’exécution du présent Arrêté » , peut-on lire à l’article 3.

Jean Claude Tsila explique cette décision par le fait que : « nous avons fait le triste constat selon lequel, un certain nombre d’abus était perpétré. Les commerçants, les vendeurs à la sauvette, les moto taxis étaient victimes de certains comportements que je juge fortement répréhensible. Nous ne
pouvions pas rester indifférent puisque des prétendues polices municipales effectuaient des descentes dans les marchés pour arnaquer parfois ces commerçants de même que ces motos taxis. J’ai donc été obligé de prendre cette mesure suspensive de ces contrôles pendant une durée d’un mois
. Cependant, le préfet ajoute que : « pendant cette période de suspension, nous allons évaluer le comportement des commerçants, des conducteurs de moto. S’il est démontré que pendant cette période, ils ne payent pas leurs impôts, ils ne s’acquittent pas de leurs obligations vis-à-vis du fisc, si les motos violent les zones interdites, les vendeurs à la sauvette s’installent partout, évidemment, nous allons prévoir d’autres contrôles. Par contre, si spontanément, les gens font ce qu’il y a à faire, il n’y aura pas lieu d’accentuer ces contrôles » .

Selon le préfet, ces contrôles sont effectués le plus souvent parce qu’il y a des gens réfractaires au payement de l’impôt, des droits fiscaux, certains sont réfractaires même au respect de la norme. Face à ce genre de comportement, il est parfois nécessaire de recourir à l’exécution forcée qui
implique l’entrée en scène de la force publique. Toutefois, Jean Claude Tsila fait aussi le constat selon lequel : « on retrouve des personnes n’ayant
aucun lien avec l’administration communale et qui font des contrôles. D’ailleurs, j’ai demandé que des enquêtes soient ouvertes. Ceux qui ont été
pris en flagrant délit répondront de leurs actes
» , a déclaré le préfet.

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