Politique

Cameroun – Élections régionales: Le ouf de soulagement du gouvernement

En dépit des appels au boycott lancés par des partis politiques en perte de vitesse ou animés par un projet insurrectionnel, le scrutin s’est déroulé partout avec un « taux de participation confortable », assène René Emmanuel Sadi, triomphateur du stress lié à l’appel au refus d’aller au scrutin du 6 décembre 2020.

« Malgré les appels au boycott lancés par des partis politiques en perte de vitesse ou animés par un projet insurrectionnel, le scrutin s’est déroulé partout avec un taux de participation confortable pour mettre en déroute le scrutin du 6 décembre dernier ». Sans citer nommément le Sdf de Ni John Fru Ndi, possédé subitement à nouveau par ce dernier par les esprits du boycott après le scrutin du 9 février dernier, où il a sombré corps et âme, Sadi le fait haut et fort, et c’est exact, le Sdf est en perte de vitesse. L’autre parti politique qui a coupé la sérénité et la paix au cours de ces élections régionales est le Mrc de Maurice Kamto, ennemie juré du Rdpc devant l’Éternel. Ennemie ?

Certainement parce que Maurice Kamto se refuse à toute compromission ouverte, promettant par-dessus tout au peuple ou à ses militants et sympathisants, de « ne jamais les trahir ». Il est clair que le gouvernement de la République du Cameroun n’a pas la mémoire courte. Il sait exactement où le bât blesse ou peut blesser. Si le siège de plus de deux mois à la résidence du leader du Mrc a amorcé ce jour son relâchement, il va sans dire que ceux des militants et sympathisants qui sont poursuivis dans le cadre de la marche du 22 septembre qualifiée opportunément par le pouvoir comme une tentative d’insurrection, connaissent un sort peu enviable. Ressources inépuisables « Il a été décidé du réajustement des mesures prises pour mettre en échec le mouvement insurrectionnel lancé par le Mrc le 22 septembre 2020 », annonce le pouvoir comme pour minimiser ou influencer une quelconque velléité de suivre à nouveau les appels à opposition massive au régime de Paul Biya.

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Pour finir, le gouvernement met l’opinion en garde contre toute tentative de suivre le parti de Maurice Kamto qui est surveillé comme du lait sur le feu. On se souvient de la fameuse boutade « l’Ouest rejette Kamto » et ce qu’il s’en est suivi. Le pouvoir, en desserrant l’étau autour de Kamto, volontairement ou pas, sait que même si dans le discours officiel on clame qu’il est fini, qu’il a encore des ressources inépuisables dont la neutralisation ou la tentative pourrait être source de plus grands conflits.

En cela, le pouvoir Rdpc se distingue par sa capacité inégalable à juguler de telle crise en dehors bien entendu de celle dite anglophone. Maurice Kamto et le Mrc, un programme lié à tout jamais aux génomes existentiels du Rdpc ou du pouvoir! Que dire dès lors du cas de Alain Fogue Tedom, Bibou Nissack, et les autres qui savourent en ce moment les délices peu reluisantes des prisons? Le pouvoir voudrait bien une monnaie d’échange ! Possible? Comment déterminer le sexe des anges? A dire vrai, le Mrc se fera avec !e Cameroun ou ne se fera pas, comme le déclarait Paul Biya dans une de ses sorties comme seul il en sait faire l’économie.

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Léopold DASSI NDJIDJOU

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