Cameroun – Drame : La fête qui dégénère au Liv’s night-club

Drame du Liv’s night-club

Des clients et des employés de cette boîte de nuit ont perdu la vie dans ce drame à la suite d’un incendie survenu à 2h30 min. 08 personnes sont en soins intensifs à l’hôpital Central de Yaoundé.

« Dites-moi où il y a ma fille, je veux ma fille, que vais-je devenir sans elle ? ». C’est ainsi qu’une femme de taille moyenne crie, pleure, se tord de douleur à l’entrée de la ruelle qui mène au complexe culturel Livs night-club (ancien Yaoba) sis au quartier Bastos. Babouches aux pieds, foulard noué à la hâte, la femme probablement dans la cinquantaine, avec une santé visiblement fragile, s’est empressée de venir s’enquérir des nouvelles de sa fille aînée, serveuse dans ce night-club. Il est 11h et sa fille qui est généralement de service au Liv’s night-club de mardi à dimanche lui a dit au revoir samedi soir comme à l’accoutumée et a promis être de retour dimanche dans la matinée : « A cette heure ma fille est déjà à la maison », dit-elle.

Elle est soutenue par sa dernière fille. La foule qui les entoure, sa dernière fille et elle, est composée de certains « badauds » (promeneurs curieux de tous les spectacles de la rue, qui s’attardent à les regarder). Ces derniers accroissent les inquiétudes de la femme déjà éplorée : « La mère, si ta fille était serveuse, c’est qu’elle est décédée. Toutes les personnes qui se trouvaient en bas sont mortes ». « Woooo, wooo !!!», les pleurs de cette femme, veuve, s’accentuent. Elle est en train de perdre le pilier de sa petite famille : « Leur père est décédé il y a six ans. Ma fille aînée me réconfortait. Avec ses petits jobs, elle survenait à nos besoins à la maison. Que vais-je devenir sans elle ? ». Quelques instants après, d’autres familles viennent aussi s’enquérir de la situation, car comme cette femme, elles recherchent également leurs parentés ou proches : Chacun recherche soit un petit frère, une petite sœur, un enfant ou même une amie. Sur les lieux, un cordon de sécurité est dressé devant le night-club. Personne n’entre et personne ne sort. Seuls les éléments de la gendarmerie sont présents et renseignent les familles venues prendre des nouvelles : « Rendez-vous à l’hôpital. Il n’y a plus personne ici ». Les responsables du Liv’s night-club ne sont pas présents. « Ils ne sont pas là », affirment les gendarmes qui ont quadrillé la zone.

A l’origine…

Selon des sources, la soirée au Liv’s se déroulait bien. Les bouteilles de champagne et de wisky étaient ouvertes comme tous les soirs jusqu’à ce que le pire se produise. Relativement aux causes, au nombre de décès et de blessés, les commentaires divergent des uns aux autres, avec parfois beaucoup d’incompréhensions et de contradictions. En tout cas, il convient de s’en tenir à la version du gouvernement. Il est clairement mentionné dans le communiqué du gouvernement que signe le ministre de la Communication, porte-parole, René Emmanuel Sadi : « Le drame, qui a été causé par les déflagrations issues des feux d’artifice habituellement utilisés en ces lieux, a en premier, consumé le plafond de l’édifice, entraînant par la suite, deux explosions de forte amplitude, et provoquant la panique et des bousculades parmi les personnes présentes à l’intérieur de la boîte de nuit ». Le premier bilan quant à lui, fait état de 16 morts. Tous ont été conduits à la morgue de l’hôpital militaire d’Ekounou. Les blessés graves, au nombre de 08 sont internés à l’hôpital Central de Yaoundé, et actuellement en soins intensifs.

A l’entrée de l’hôpital Central de Yaoundé, une liste de victimes arrivées dans cette formation sanitaire, suite à cet incendie est affichée. L’on note au total neuf personnes décédées parmi lesquelles deux femmes et un homme non identifié. Impossible d’en savoir plus, parce que dans cette formation sanitaire, seul le directeur, le Pr Joseph Fouda, peut parler à la presse : « Le directeur est sorti. Nous, nous administrons juste les soins aux victimes », indique un médecin, en pas de course. Mais, l’on a pu lire sur la page Facebook de cet hôpital que le directeur a fait le point : sur les 08 victimes admises au sein de ladite formation sanitaire, 05 victimes ont des brûlures au 3ème degré. Le même médecin que nous avons rencontré a été assailli quelques minutes avant par une dizaine de personnes qui recherchaient leurs parentés. Pour s’en sortir et gagner du temps, chacun donnait le nom de son proche. Le médecin, avec une liste à la main, les renseigne. Ceux dont les noms des proches ne figuraient pas dans sa liste ont rebroussé chemin, avec peine. Par contre, ceux dont les noms y figuraient sont priés de revenir aux environs de 20h. « Les victimes ont besoin de repos. Le sommeil est réparateur dans ce type de cas. S’il vous plaît, repassez à 20h. Et puis, ils sont en soins intensifs. Leurs plaies peuvent s’infecter », recommande le médecin à ceux qui ont enfin pu retrouver leurs proches. Une consigne qui a été respectée à la lettre, car à 20h, ces familles s’y sont rendues. Une parmi a confié que sa sœur est brûlée au 3ème degré et parle avec peine. Ses cheveux ont sauté, le corps est bandé ; mais elle tient le coup.

Guillaume Aimée Mete / 237online.com

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