Cameroun : Deux veuves se déchirent pour l’héritage de leur défunt époux - 237online.com
Société

Cameroun : Deux veuves se déchirent pour l’héritage de leur défunt époux

La première épouse accuse la seconde d’avoir dilapidé les biens de leur défunt époux avec son amant et ses enfants issus d’une présidente relation.

La seconde femme, plus jeune, soutient quant à elle, qu’elle est la seule et unique veuve du disparu.

La bataille pour la succession de Timothée s’est poursuivie la semaine dernière devant le Tribunal de premier degré (TPD) de Yaoundé. Après avoir obtenu le jugement d’hérédité de ce dernier il y a près de six ans, Anne Marie, celle qui passe pour l’unique veuve, a fait face à une farouche résistance de Margo, sa coépouse et première femme du défunt. La scène s’est déroulée devant une salle d’audience pleine à craquer. En effet, Margo, 70 ans, a fait opposition à une décision de justice qui a ordonné, à son insu, l’ouverture de la succession de Timothée, son défunt mari et père de ses enfants. Les débats ont été ouverts dans cette procédure à l’audience du 4 juillet 2019, en présence de Anne Marie, une jeune dame d’environ 42 ans. Margo dit avoir été mariée à Timothée, le géniteur de ses six enfants, aujourd’hui majeurs.

Son époux a occupé plusieurs postes de responsabilité au sein du gouvernement camerounais et à l’étranger, ce qui lui a permis d’accumuler plusieurs biens, composés entre autres des immeubles bâtis, des terrains nus, des plantations de palmier à huile… Margo déclare en outre que son époux avait d’autres biens à l’extérieur du pays. Tout allait bien dans son ménage, jusqu’à ce qu’elle décide d’aller s’installer aux Etats-Unis d’Amérique chez l’un de ses enfants pour les raisons de santé. Y étant, les rumeurs lui parvenaient que son époux vivait en concubinage avec pas une, mais, plusieurs femmes. «Elles venaient et repartaient après un moment», a-t-elle précisé.

Envoûtement

De retour au pays, Margo raconte qu’elle a découvert que son époux avait vendu la majorité de leurs biens avec la complicité de Anne Marie, juriste de profession et sa maîtresse à cette époque-là. Pendant les sept dernières années qu’elle dit avoir passées aux côtés de Timothée, bien que ne vivant plus sous le même toit, ce dernier lui avait montré un autre vissage. «Je ne sais pas ce que cette femme avait donné à mon mari. Il était envouté. Il ne mangeait pas mes repas, et ne faisait que ce que sa maitresse lui demandait de faire. Il a vendu tout ce que nous avons construit ensemble, et préférait s’occuper des enfants de sa maîtresse plutôt que des notres».

Après le décès de Timothée en 2013, le clash a eu lieu. Margo relate que le jour des obsèques, elle a remarqué que Anne Marie, toute de blanc vêtue, passait pour la veuve et avait pris sa place à côté de la dépouille de son mari. Par respect pour celui qu’elle a jadis aimé, elle a décidé de ne pas faire d’histoire en public. Apres l’enterrement, la dame déclare que ses maux ont repris et elle a été conduite en Europe.

Elle y est restée paralysée pendant cinq ans. Profitant de son absence, Anne Marie a saisi le tribunal et obtenu un jugement d’hérédité qui la reconnait seule veuve du défunt. En cette qualité, elle a été désignée usufruitière et administratrice des biens de la succession. Ses enfants, issus d’une précédente relation, ont été reconnus héritiers. «Le jour du deuil, elle n’a même pas pleuré. Elle calculait mes biens, la sueur de mon front. Pour n’avoir pas aligné mes enfants comme héritiers de leur défunt père, ce jugement doit être rétracté», a-t-elle suggéré au tribunal.

Faux mariage ?

Immobilisée sur son lit d’hôpital en Europe, Margo déclare qu’elle a appris par l’intermédiaire d’un tiers que Anne Marie s’est accaparée du reste de ses biens, qu’elle dilapide avec ses amants, et ses enfants. Elle dit à qui veut l’entendre qu’elle est l’unique veuve du défunt, et qu’elle est une veuve joyeuse. Pis, Margo dit avoir découvert que son mariage avec Timothée avait été dissout pourtant, elle n’a jamais été notifiée, ni mise au courant d’une procédure allant dans ce sens. «Elle croyait que je devais rester clouée sur le lit d’hôpital jusqu’à ma mort et continué à occuper paisiblement ma place. Je suis là maintenant. Elle a pris la pension de mon mari pendant six ans sur la base d’un faux acte mariage. Je n’ai jamais divorcé de mon mari. Tous les documents qu’elle vous a présentés sont faux», a-t-elle dénoncé.

De son côté, Anne Marie, une femme d’expression anglaise, a relaté au tribunal qu’elle a épousé Timothée après son divorce avec Margo, sa première épouse, qui l’avait abandonnée pour aller s’installer en Europe. Elle soutient que l’ex-épouse avait d’ailleurs fait appel de cette décision, mais, la cour avait confirmé le jugement de divorce rendu par le TPI de Yaoundé à l’époque. Elle a ensuite précisé qu’elle s’est occupée de son mari, jusqu’à ce que la mort l’emporte.

Elle dit également n’avoir pas aligné les enfants de Margo dans le jugement d’hérédité de leur père parce qu’ils étaient déjà tous majeurs, le dernier étant âgé de plus de 40 ans selon ses propos. Pour soutenir ses allégations, Anne Marie a produit au dossier de procédure, les jugements de divorce rendus par le TPI de Yaoundé et de Cour d’appel du Centre, son acte de mariage avec le défunt, ainsi que d’autres documents utiles à la compréhension des faits. L’affaire a été renvoyée au 1er août 2019 pour les observations de Margo sur cette abondante documentation.

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Source
Kalara : Odette Melingui
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