Cameroun – Dérive sur les réseaux sociaux: Le Minpostel brandit la loi

Des messages sont envoyés aux abonnés des téléphonies mobiles pour les mettre en garde contre toute propagation de fausses nouvelles.
« Cher abonné, l’émission et la propagation de fausses nouvelles, notamment par les réseaux sociaux, sont réprimés par le code pénal et la loi ». Ce message et ses variantes sont reçus depuis quelques jours par des abonnées Orange, Mtn, Nextel en français et en anglais. Il rentre dans le cadre d’une campagne lancée par le ministère des Postes et Télécommunications. Elle va s’étendre sur trois mois en langues nationales aussi. Des affiches à travers le pays sont également attendues. En sus de ces messages, Minette Libom Li Likeng, le chef de ce départemental ministériel est allé sur le plateau télé de la Crtv en plein journal de 20h30 pour expliquer le bien fondé de cette campagne inspirée par Paul Biya, le président de la République, selon ses déclarations. Elle indique que les réseaux sociaux constituent aujourd’hui un instrument de « déstabilisation » et de « destruction ». Cette campagne vise donc à sensibiliser les Camerounais à utiliser ces outils de façon « citoyenne et responsable ». 237online.com Elle annonce que pour ceux qui ne s’y conformeront pas, ils seront frappés par la dureté de la loi. Elle explique que le gouvernement est équipé techniquement pour débusquer les fauteurs de trouble. Ceci grâce à l’identification de différents abonnés. Selon son analyse, il suffit de retracer le numéro de téléphone de l’internaute. Comme quoi, tout le monde se connecte sur internet à travers le mobile. « On a même déjà des cas », se réjouit-elle. Ces cas-là se verront appliquer la loi sur la cybercriminalité qui dispose en son article 78. «Est puni d’un emprisonnement de six (06) mois à deux (02) ans et d’une amende de 5.000.000 (cinq millions) à 10.000.000 (dix millions) fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui publie ou propage par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité ou justifier qu’il avait de bonnes raisons de croire à la vérité de ladite nouvelle ». Cette peine peut même être doublée si ces manquements sont de nature à porter atteinte à la paix. Dans un autre article parlant de la vie privée, l’on peut lire : « Est puni d’un emprisonnement de un (01) à deux (02) ans et d’une amende de 1.000.000 (un million) à 5.000.000 (cinq millions) fcfa, quiconque, au moyen d’un procédé quelconque porte atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, les données électroniques ayant un caractère privé ou confidentiel». Dans l’opinion, cette campagne est pour l’instant mal perçue. « Il y a un lien avec la situation anglophone. On veut museler les gens. C’est très dangereux pour la liberté d’expression », se fâche un internaute.

Younoussa Ben Moussa

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