Cameroun – Décision du Cnc: Jacques Blaise Mvié plutôt serein

Conseil national de la communication

Bien que suspendu pour six mois, le directeur de publication du journal La Nouvelle garde la tête haute.
Depuis que la guillotine est tombée sur lui, Jacques Blaise Mvié n’a pas donné de la voix.[pagebreak] Comme s’il n’accordait pas d’importance à la décision du Conseil national de la communication (Cnc), le directeur de publication de l’hebdomadaire La Nouvelle mène une vie plutôt tranquille. Entre les activités du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), liées au placement des cartes du parti de Paul Biya et ses travaux champêtres à Mfida, dans sa Mefou et Akono natale, «De Blaiso» garde la tête sur les épaules. Alors que son entourage qualifie sa longue suspension d’injuste et inéquitable, l’ancien 1er adjoint au maire d’Akono, lui, reste convaincu qu’il a fait son travail selon les règles de l’art. «L’amertume vient du fait qu’on ne sait vraiment pas sur quelle base le Cnc a prononcé cette suspension, car il faut bien une base. On a l’impression que Peter Essoka et Jean Tobie Hond font diversion.»

Le Dp de La Nouvelle affirme n’avoir jamais été entendu pour donner sa version des faits, et constate «des gesticulations totalement inutiles». Pour un autre professionnel de la communication, il s’agit tout simplement d’une violation flagrante de la Constitution du Cameroun qui garantit, à tout citoyen camerounais mis en cause, un procès contradictoire et équitable : «Nul ne peut être condamné s’il n’a pas eu la possibilité de se défendre. L’ont-ils fait dans le cas de Jacques Blaise Mvié, ce défenseur de la cause présidentielle et dont on reconnaît le parcours et la longue expérience dans le journalisme ? Je ne pense pas.» Toujours est qu’au sein de la corporation, des voix s’élèvent pour condamner l’absurdité de la situation et le règlement de comptes.

Selon des indiscrétions, la suspension récente de Jacques Blaise Mvié et d’autres journalistes relève d’un processus de musellement à grande échelle, d’épuration médiatique et de génocide éditorial planifiés, perpétrés par un Cnc visiblement en mission commandée. Cette institution, censée être un organe de régulation et de consultation doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, placée auprès du Premier ministre chef du gouvernement, ne s’est jamais comportée en médiateur indépendant. Les agissements de ses responsables confirment, aujourd’hui, les soupçons de bras armé au service de lobbies et de gourous, de tueurs en série des libertés qui projettent une image désastreuse du Cameroun, faisant planer de lourdes menaces sur la paix, la démocratie et la concorde nationales.

A l’observation, la sanction du Cnc contre le Dp de La Nouvelle et compagnie vient confirmer les appréhensions de certains syndicalistes qui se faisaient déjà l’écho de tractations et intentions occultes de Peter Essoka et Jean Tobie Hond, manœuvrant qui pour remplacer feu Joseph Befe Ateba à la présidence du Cnc, qui pour devenir ministre de la Communication. Un conseil toutefois : un peu de patience n’a jamais tué personne.

Henri Onana Bandolo

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