Cameroun – Débrouillardise: Au cœur du business des meubles en rotin

Meubles en rotins

Cérile et ces collègues tissent les sacs et les chaises qu’ils proposent aux passants.

Installé au carrefour Mvog-Mbi, Cérile fabrique des meubles en rotin depuis 07 ans. Sur un comptoir bien aménagé à 300 mètres, on peut y voir des chaises ; armoires ; cuisinières ; tables ; reposoirs ; lits ; commodes ; paniers ; fauteuils ; classeurs…etc.. Agé de 35 ans, Cérile exerce son métier avec amour et dévouement. « Je suis débrouillard et je fais dans les meubles traditionnels depuis sept ans. Je n’ai pas suivi une formation proprement dite. J’avais un oncle qui faisait dans le domaine, j’ai travaillé avec lui pendant deux ans, donc j’ai eu suffisamment de temps pour apprendre auprès de lui. Il a dû arrêter suite à l’accident de circulation qu’il a eu deux ans après que je me suis installé à mon propre compte. Alors il m’a tout laissé, il m’a tout donné. Je fais des salons, des tables, des paniers en rotin. Une chaise bien tissée coûte entre 45 000f et 50 000f », confie-t-il.

Tout comme lui, Antoine fabrique les meubles en rotins.

Ancien étudiant en philosophie Licence 3 à l’université de Yaoundé 1, Ngoa-Ekellé, il s’est lancé dans ce métier après avoir essuyé plusieurs échecs au
concours d’entrée à la fonction publique. « J’ai déposé mes dossiers partout sans réussite, présenté les concours mais rien. Alors au lieu de sombrer dans le néant, j’ai décidé de créer ma propre entreprise », confie-t-il. Boris son apprenti est élève en classe de Terminale, il alterne entre les
études et son travail. « Je viens ici juste le samedi, quand je travaille, mon patron me donne 5 000 Fcfa. Les autres jours je suis à l’école », raconte-t-il. À l’arrêt bus de Mvog-Mbi, l’on peut apercevoir deux ateliers de fabrication de ces meubles. Tout y est à un prix accessible à tous. Ici, une salle a mangé coûte 450 000 Fcfa. Les paniers quant à eux varient entre 1 500f et 5000 f. Par contre, au marché d’Ekounou, l’ambiance est morose. Les clients se font rare et sont moins motivés. « On n’a pas une grande clientèle, mais ceux qui osent sont satisfaits de nos services. Les prix sont connus de tous. On a les chaises de 45 000 Fcfa, les canapés coûtent 100 000Fcfa, voire plus », raconte pierre. Comme tout métier, ce dernier ne se fait pas sans risque. Boris et ses collègues en rencontrent tous les jours. « Ii y a des clients très malhonnête. Un fonctionnaire vient me passer la commande des chaises, on s’entend sur le prix, lorsque je lui livre sa commande, il se rebiffe. Voilà pourquoi j’ai décidé de prendre d’abord la totalité de l’argent avant de livrer la commande d’un client. Nos clients sont pour la plupart des Européens. Ils valorisent les objets traditionnels. Le marché d’objet traditionnel n’est pas facile. Car il faut des clients originaux, qui connaissent la valeur des objets traditionnels», relate Gabin.

Nadège ANOUNGA

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