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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Société

Cameroun Covid-19: Les familles prennent la mesure du danger à Garoua

Malgré la difficulté à appliquer les 13 mesures du PM, elles l’intègrent.

Garoua, ce vendredi 17 avril 2020. A 13h30, Mamoudou Sali, un fidèle musulman vient de terminer ses ablutions. Au lieu de prendre la direction de la mosquée pour la traditionnelle prière du vendredi, il étale son tapis dans un coin de sa cour pour rendre grâce à Allah. «Cela a changé. Car il n’y a plus de prière du vendredi et les prières quotidiennes sont réglementées. Plus question d’aller se serrer dans les mosquées, on ne se serre plus les mains. C’est pour freiner la propagation du Covid-19», rapporte Mamoudou qui prie désormais uniquement chez lui. Il nous dit avoir compris le bien-fondé de cette mesure du lamido de Garoua. «s’il y a une épidémie, c’est de notre devoir de ne pas la diffuser. On ne doit pas atteindre à l’intégrité physique d’autres personnes. Cette interdiction est donc en accord total avec notre religion même comme je reste très attaché à la mosquée», explique-t-il en citant le saint Coran.

C’est que, depuis la décision des 13 mesures barrières prises par le gouvernement le 17 mars dernier par le gouvernement du Cameroun, la vie de bien de fidèles musulmans a été sérieusement perturbée au quotidien. La fermeture de certains lieux de prière a été un véritable électro choc. Des mosquées clandestines ont même vu le jour dans certains quartiers de la ville. Des lieux de prières improvisées où le respect des mesures barrières est la dernière préoccupation de ces mahométans. «C’est leur choix. Pour ma part, je reste désormais prier en famille. Je sensibilise mes enfants qui eux même sortent très peu. Ils se consacrent à la révision des cours», explique Mamoudou qui a également disposé un kit de lavage de mains à l’entrée de son domicile. «C’est pour les visiteurs qui doivent désormais montrer patte blanche avant de pénétrer chez moi», explique-t-il.

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Si aucun confinement n’a été officiellement décrété, Béatrice, vit confiné dans son appartement à la cité SIC avec ses trois filles et son petit frère. Depuis l’arrêt des cours cette institutrice sort très peu de chez elle. En dehors de faire des courses et quelques rares visites à certains proches, elle estime le risque grand au regard du pessimisme des populations malgré la menace du virus : «Plusieurs personnes ne croient pas trop au Covid-19 et ne respecte pas les mesures de protection», déplore-t-elle. Néanmoins, Béatrice s’est équipée de masques, de gels hydroalcooliques qu’elle a distribués à ses proches. A la différence de Béatrice, beaucoup de citoyens de la ville de Garoua ne peuvent pas s’offrir le luxe d’un confinement
général, malgré la menace du Covid-19 qui est réelle d’autant plus qu’au 18 avril dernier, la région du Nord enregistrait déjà un cas testé positif. «Le confinement n’est pas forcément adapté à la façon de vivre de beaucoup d’Africains, même s’il est nécessaire pour limiter la propagation du virus.

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A Garoua comme partout ailleurs au Cameroun, beaucoup vivent au quotidien, c’est-à-dire qu’ils vont aller chercher un petit boulot à la journée. Et ces personnes, si elles ne travaillent pas, elles ne mangent pas. C’est aussi simple que cela», Sanoussi. Vendeur de chaussures au marché central, il sort de chez lui chaque jour à 8h avec pour seule protection un cache-nez. «La popote d’abord le confinement après», lâche-t-il souriant. La pandémie du Covid-19 a indiscutablement bousculé les habitudes des populations de la ville de Garoua qui ont dû changer leur mode de vie. Dans de nombreuses familles, certaines mesures d’hygiène sont prises pour parer à toute contamination. Mais malgré la peur d’une éventuelle propagation du virus, le confinement général est loin d’être la chose la mieux partagée.

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