Société

Cameroun – Covid-19: Le business des certificats de genre de mort

Ce document est vendu dans les formations sanitaires, entre 25000F et 200 000Fcfa.

Aujourd’hui les gens préfèrent même se faire soigner à domicile de peur de se faire déclarer positif au coronavirus par simple mensonge. C’est une histoire qui donne envie de rire et de pleurer en même temps. Depuis un certain temps, les familles camerounaises vivent les traumatismes dans les hôpitaux publics du pays. « Avant la covid-19, quand tu perdais un membre de ta famille, le médecin te pourchassait pour te remettre le certificat de genre de mort gratuitement. Maintenant, avec le coronavirus, si tu n’as pas au moins 25000Fcfa, le médecin légiste va mentionner dans le certificat de genre de mort de ton frère, qu’il est décédé du coronavirus et le corps sera retenu et enterré par le corps médical», raconte Christelle Nkoumou, une victime. Au Cameroun en général et à Yaoundé en particulier, tous les décès sont désormais attribués au coronavirus, on se demande si les autres maladies tuent plus. Dans les formations sanitaires désormais, c’est l’anxiété qui habite les familles quand l’un des leurs décède.
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Maintenant, les familles font la queue pour acheter le certificat de genre de mort ». Marlène Esoumétang a vécu la triste expérience lorsque son père est décédé dans une formation sanitaire de la ville de Yaoundé. « Mon père a été hospitalisé depuis un peu plus d’un mois pour incontinence selon le diagnostic de l’urologue. Le vendredi 24 mai 2020, à 04 heures du matin, mon père a rendu l’âme, mon grand-frère décide d’amener le corps à la morgue, et tout d’un coup, le certificat de genre de mort relève que notre papa est décédé du coronavirus. Comment peut-on prendre la chose au sérieux ? Le coronavirus est devenu un vrai fonds de commerce dans nos hôpitaux », s’offusque-telle.

Après une rixe entre la famille du défunt et le corps médical, le certificat de genre de mort est passé de coronavirus à insuffisance rénale. Selon les sources du journal Le Messager, le certificat de genre de mort est vendu dans les hôpitaux entre 25000Fcfa et 200000Fcfa dans les formations sanitaires. Marlène Esoumétang, dit qu’elle veut que le corps de son papa repose dans son village natal. « Il est difficile chez-nous les Bantou d’accepter qu’un membre de nôtre famille soit enterré loin de ses ancêtres. C’est pourquoi nous mettons le paquet pour récupérer le corps », justifie-elle. Aujourd’hui les gens préfèrent même se faire soigner à domicile de peur de se faire déclarer positif au coronavirus par simple mensonge.

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Un décès deux certificats de genre de mort

Un décès, deux certificats de genre de mort ! Patrice Dr. NdileNsom, chirurgien chevronné, a été précipitamment inhumé à Douala après son décès le samedi, 9 mai 2020 dernier à l’Hôpital général de Douala, alors que la famille attendait le corps à Ebolowa. Le premier certificat du genre de mort est signé le jour du décès et stipule que Dr. Ndile est décédé des suites de « suspicion de Covid 19 »; le second signe le 12 mai suivant stipule que la même personne est morte, non pas du Covid 19, mais «des suites d’une pneumopathie». Les deux certificats du genre de mort ont un dénominateur commun: Pcr les professionnels de la santé, le Pcr (Polymerasechainreaction) est un test permettant la détection d’un large éventail de virus et de sous types viraux. Ces contradictions ont révolté la famille du défunt qui menace de porter plainte contre l’hôpital général de Douala du fait du préjudice moral et social que cela entraine aujourd’hui.

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