Cameroun : Congrès illégal du PCRN, Robert Kona défie la justice et adoube Biya

Kona

Le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) s’enfonce un peu plus dans la crise. Malgré l’interdiction formelle de la justice prononcée le 23 mai 2024, la faction menée par Robert Kona, le président fondateur du parti, a tenu son congrès ce samedi 1er juin 2024. Un passage en force qui vient raviver les tensions au sein de cette formation politique, déchirée par un conflit fratricide opposant Kona à Cabral Libii, son ancien président devenu son rival. En organisant ce congrès au mépris de la décision judiciaire, Robert Kona franchit un cap dans la confrontation et prend le risque d’aggraver encore davantage la fracture au sein du PCRN. Pour suivre toute l’actualité politique au Cameroun, une seule adresse : 237online.com, votre site d’infos sans langue de bois.

Une purge massive au sein du parti, les pro-Libii exclus

Outre son illégalité, ce congrès a été le théâtre d’une véritable purge au sein du PCRN. Les militants pro-Kona ont en effet voté « à l’unanimité » l’exclusion de pas moins de 24 cadres et militants du parti, tous accusés de « non-respect des statuts et du règlement intérieur ». Parmi les exclus figurent bien sûr Cabral Libii, mais aussi plusieurs de ses proches et soutiens, comme Ousmanou Malpetel, Boubakari Massardine ou encore Franck Fritz Messe. Un grand déballage qui ressemble fort à un règlement de comptes en bonne et due forme, Robert Kona profitant de ce congrès pour se débarrasser de tous ceux qui contestent sa légitimité à la tête du PCRN. Une manœuvre qui risque d’avoir de lourdes conséquences, en accentuant les divisions et en précipitant peut-être la scission du parti.

Le soutien surprise à Paul Biya, un retournement de veste spectaculaire

Mais la décision la plus fracassante de ce congrès est sans nul doute le soutien apporté à une candidature de Paul Biya à la présidentielle de 2025. Les militants pro-Kona ont en effet « exhorté » le président de la République à se représenter, lui promettant même « un plébiscite à 100%« . Un retournement de veste spectaculaire pour ce parti qui s’était jusqu’ici positionné dans l’opposition à Paul Biya, notamment lors de la dernière présidentielle de 2018 où Cabral Libii avait porté les couleurs du PCRN. En adoubant ainsi le chef de l’État, Robert Kona opère un virage à 180 degrés et semble ranger définitivement son parti dans le camp présidentiel. Un choix stratégique qui interroge, à l’heure où la question de la succession de Paul Biya, 91 ans, est sur toutes les lèvres.

La justice, arbitre impuissant de la crise du PCRN ?

Face à cette escalade, tous les regards se tournent désormais vers la justice. Car c’est bien elle qui avait interdit la tenue de ce congrès, dans l’attente d’une décision définitive sur le contentieux opposant Robert Kona à Cabral Libii. En passant outre cette injonction, les pro-Kona ont ouvert un nouveau front judiciaire. Reste à savoir quelle sera la réaction des juges face à ce camouflet. Vont-ils sévir en annulant les décisions de ce congrès illégal ? Ou fermeront-ils les yeux, de crainte de jeter encore davantage d’huile sur le feu ? Une chose est sûre : la crise qui secoue le PCRN est aussi un test pour notre système judiciaire. Un test de son indépendance, de son autorité et de sa capacité à faire respecter l’État de droit. En attendant de voir quelle voie il choisira, une certitude demeure : le Cameroun n’a pas fini d’entendre parler des déchirements du PCRN.

Par Josiane Mimbang pour 237online.com

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