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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Politique

Cameroun: Comment Macron et Kamto ont sorti Biya de son confinement

Alors que le peuple camerounais, abandonné dans la lutte contre la pandémie le recherche depuis des semaines en vain, le président de la République, est réapparu en public pour recevoir en audience l’ambassadeur de France hier jeudi 16 avril.

Un tête-à-tête qui vient peut-être taire certaines rumeurs autour de sa santé qu’on dit fragile, mais surtout le fruit de nombreuses pressions internes et externes. Le fantôme vous salue ! Il est vivant ! Les camerounais ont revu la silhouette de leur chef. En chair et en os. En mondovision. Une brève apparition pour faire taire la rumeur. Sans nouvelles depuis 35 jours si ce n’est à travers la fameuse ritournelle « sur hautes instructions du Chef de l’Etat » que ses collaborateurs ont le don de manier sans répit pour prouver que le pays est gouverné, Paul Biya est apparu hier, sans masque de protection, aux côtés de l’ambassadeur de France, Christophe Guilhou.

La raison de cette sortie qui s’apparente à une résurrection pour beaucoup, est un tête à tête accordé au représentant de la République de France en terre camerounaise. Au menu de ces échanges avec l’ambassadeur français, celui qui se présente comme le capitaine du navire des grandes opportunités, évoque la pandémie du Coronavirus à l’Hexagone et dans le monde.Un sujet choisi à dessein pour rester dans l’actualité prise en otage par ce tueur silencieux qui décime la planète. Alors que l’épidémie partie de Chine continue de faire des milliers de victimes à travers le monde et notamment au Cameroun, le chef de l’Etat ne s’était toujours pas encore exprimé dans un message télévisé comme l’ont fait plusieurs de ses homologues.

Aux ordres du Quai d’Orsay

Taiseux, effacé et presque toujours absent, le locataire d’Etoudi n’a rien trouvé d’astucieux que la voie d’un tweet pour donner les directives à suivre dans le cadre de la riposte face à la pandémie, envoyant au front un Premier ministre qui s’est vu à l’épreuve d’une cacophonie gouvernementale sans précédent. Un silence du Chef qui a fait circuler les rumeurs les plus folles sur internet et dans les milieux huppés de la République. Avant cette photo de l’homme du 6 novembre 1982 et l’ambassadeur de France surabondamment relayée par les réseaux sociaux hier, la dernière apparition du locataire du Palais d’Etoudi remontait au 11 mars, aux côtés d’un autre ambassadeur, celui des Etats Unis, Peter Balerin avec lequel ils avaient discuté des sujets communs, notamment « la santé et la situation dans le Nord-Ouest et du Sud-Ouest ». Si les apparatchiks et autres adulateurs du régime ont profité de ce coup de com’ dont seul Biya en a le secret, pour célébrer « l’immortalité » de leur champion et battre ainsi en brèche la rumeur qui donnait pour mort celui qu’on compare au sphinx, il faut reconnaître que cette apparition est le fruit de plusieurs contingences face auxquelles le natif de Mvomeka ne pouvait résister plus longtemps.

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De sources dignes de foi, Paul Biya serait sorti de son confinement sous la dictée de Paris qui, au parfum des rumeurs autour de son état de santé brinquebalant justifiant son absence sur le terrain de la riposte contre le Coronavirus au Cameroun, a exigé du dirigeant de 88 ans, de donner signe de vie. « C’est le Quai d’Orsay qui a souhaité que le président de la République lui donne la preuve réelle qu’il est encore en vie et que les rumeurs persistantes au sujet de son incapacité à tenir le gouvernail, n’est que pures affabulations », confie un diplomate à la retraite et non moins proche du palais d’Etoudi.A le croire, Biya qui redoute les colères publiques de Macron que les revendications légitimes du peuple camerounais, n’a pas eu d’autre choix que s’exécuter.

Kamto, le cauchemar

Notre source rapporte également que le meilleur moyen de réaliser cette sortie médiatique aux allures d’un démenti, n’était qu’une audience avec le plénipotentiaire de la République française au Cameroun informé, apprend-on, à seulement quelques heures du rendez-vous. Un postulat qui paraît logique. Ce d’autant plus qu’après plus de 35 jours claquemuré dans un silence déconcertant, le Chef de l’Etat a royalement snobé le président du Sénat, celui de l’Assemblée national ou encore le président du Conseil constitutionnel pour recevoir en premier Christophe Guilhou. 24h avant, il signait deux décrets portant commutations et remises de peines pour des personnes en détention et nomination de membres au Conseil constitutionnel. Des actes aux forts relents de Com’ plutôt que de véritables solutions à des problèmes cruciaux des camerounais. La réapparition de Paul Biya est aussi une preuve par 9 que la pression exercée en douce par Maurice Kamto, a porté des fruits. Entre ultimatums et menaces de constater la vacance présidentielle, le stratagème du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) est aussi à prendre en compte.

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Officiellement réélu à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 pour un nouveau septennat, le président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a reçu des volées de bois vert de la part de son principal challenger, déterminé à le sortir de son immobilisme légendaire pour regagner le terrain de la lutte contre le Covid-19.Kamto estimait que le statut de chef de l’État impose des obligations vis-à-vis du peuple camerounais spécialement dans ce contexte de grave menace d’une terrible pandémie qui requiert sa présence active pour galvaniser et mobiliser ses compatriotes. « Le pays est-il gouverné? Si oui, par qui? Est-il simplement conscient de la responsabilité en tant que président de la République, même illégal et illégitime, dans la préservation des camerounais », s’interrogeait-il avec une once d’incertitudes.

Puissances et amis du Cameroun

L’espoir restait que le leader du Mrc a mis en ampliation sa communication à l’Onu, à l’Union africaine, au Parlement européen, aux États-Unis, à la France, à la Grande Bretagne, à la Chine, à la Russie, au Canada, à la Suisse, à Israël, entre autres. Il n’est pas à exclure que toutes ces puissances et amis du Cameroun ont eu leur rôle à jouer dans ce qui tient lieu aujourd’hui d’être taxé de manœuvres diplomatiques. Sans vouloir être taxé de triomphaliste, c’est aussi la « victoire » du Messager qui, dans son souci d’éclairer l’opinion sur le fonctionnement de l’Etat, s’est régulièrement interrogé sur ces silences présidentiels qui choquent le peuple. What next ?

Jean François CHANNON

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