Société

Cameroun: Ces « Chirurgiens » qui tuent !

Née le 11 mai 1996 à Barè, de père Tabi Gérôme et de mère Manem Odile, la jeune Mayem Tabi Estelle, âgée de 23 ans, ne reverra plus jamais ses parents.

Décédée le 22 novembre 2019 des suites d’une Chirurgie « Esthétique », visiblement mal menée dans une clinique de Yaoundé, elle aurait signé un protocole de consentement dans lequel elle affirmait que si elle meurt au cours de l’opération qu’on ne poursuive pas le chirurgien –traitant. Ce chirurgien se nomme Atangana Zambo, Oncologue en retraite, qui se présente à tord à tous ses patients comme fonctionnaire en service à l’hôpital général de Yaoundé. En demandant à cette dame de signer ce consentement, il s’agissait probablement des signes prémonitoires d’un malheur imminent. C’était la dernière fois qu’elle écrivait. Oui ce fut aussi la dernière rencontre qu’elle et son médecin eurent, jusqu’à ce que le pire se produise à cause d’une « mauvaise anesthésie ». Estelle Mayem n’est plus. C’est l’irréparable.

La nouvelle va se répandre comme une trainée de poudre, créant beaucoup d’émoi au sein de la population. Un véritable coup dur pour la famille. Pis, le Chirurgien en question se serait permis de la mettre à la morgue du Chu de Yaoundé lui-même en déclarant que la jeune dame n’avait pas d’identité. Mais ce crime va être découvert par la famille qui recherchait dame Mayem depuis plusieurs jours. Comment comprendre qu’un Chirurgien vomi par ses paires, sanctionné par le corps médical et accusé d’inhumanité ait pu convaincre cette jeune dame de lui faire une chirurgie esthétique dans des conditions indescriptibles, alors même que cette pratique est encore embryonnaire au Cameroun ? Comment comprendre qu’une jeune-dame qui vit en Occident où manifestement il existe toutes les conditions nécessaires pour ce type d’opération ait pu choisir le Cameroun pour la faire ? Comment le Chirurgien a-t-il pu mettre le corps à la morgue sans la présence de la famille ?

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Contacté par nos soins, le Pr. Atangana Zambo explique : « J’ai tout fait pour entrer en contact avec la famille et le corps ne pouvait pas rester plusieurs jours sans être conservé. C’était une mesure conservatoire. Il y a un rapport médical qui a accompagné la mise à la morgue du corps dont je tiens une copie et le procureur en détient un exemplaire ». La version du Chirurgien est plausible. Mais il ne peut pas être audible, car la médecine a ses règles. La mort de Mayem Estelle cristallise la colère de tout un peuple désabusé contre un Chirurgien dont l’incompétence est massivement décriée. Ce, à tord ou à raison.

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En réalité, c’est tout le pays qui est en état de mort clinique depuis plusieurs années, pris en otage par une majorité de personnel médical irresponsable. L’indignation de l’opinion face à cet acte témoigne de ce que le peuple Camerounais n’est pas mort. Le poète Antonio Porchia a écrit que « celui qui ne pleure pas la perte d’une proche n’existe pas vraiment ». Cette tragédie est le couronnement malheureux d’une incompétence notoire selon les médecins du travail que nous avons joint au téléphone.

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