Politique

L’administration refuse de certifier les dossiers des candidats de l’opposition

Cette situation met à mal la démocratique au pays de Paul Biya.

A peine le corps électoral convoqué par le Chef de l’Etat que des manœuvres de certaines autorités sont mises à nues. Eric Kennedy Foyet, l’un des candidats, dans une tribune libre relate les premières embûches rencontrées. Après la convocation du corps électoral, l’on devrait inexorablement, si rien n’est fait, s’acheminer vers une crise pré-électorale sur fonds d’arnaque et de corruption à ciel ouvert au Cameroun. Une élection a rarement fait objet d’autant de controverses pré-électorales comme celle qui se profile en Février 2020 pour renouveler les mandats des députés à l’Assemblée nationale et des conseillers municipaux dans nos Conseils Municipaux.

Le calvaire des partis politiques et des candidats à cette compétition a commencé au lendemain de la constitution des dossiers de candidatures qui pour les uns est une simple formalité, mais qui est devenue pour les autres un véritable chemin de croix pré-électoral. Ce n’est pas que le code électoral ait changé même si beaucoup d’acteurs et leaders des partis de l’opposition l’auraient souhaité, mais parce que les vieilles habitudes de chantage, de corruption, de marchandage et d’arnaque ont repris le dessus sur cette loi électorale déjà contestée, mais acceptée faute de mieux.
Mais voilà que le danger vient de là où personne n’attendait. Ainsi, que ce soit pour la constitution des dossiers aux municipales ou aux législatives, les candidats des partis de l’opposition en particulier broient littéralement du noir. L’établissement de la moindre pièce constitutive du dossier individuel donne des insomnies aux prétendants de l’opposition. Même la signature de la copie d’acte de naissance, qui est en temps « normal » un exercice banal auquel se livre tout magistrat municipal ou Sous-préfet du coin est l’objet des tracasseries les plus inattendues et ubuesques, sous fonds de corruption et de volonté de blocages des candidats de certains partis politiques de l’opposition.

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C’est encore pire pour la signature du certificat de domicile ou résidence pour laquelle certaines autorités en charge de le faire ont carrément déserté leurs officines parce qu’elles ne veulent pas apposer leurs visas et signatures sur les « papiers de l’opposition ». Incroyable au Cameroun en 2019. Certains demandent expressément aux candidats de décliner leur appartenance politique avant de regarder leurs dossiers. Insoutenable dans une République en danger ! L’établissement de l’extrait de casier judiciaire n’est pas plus aisé quand le candidat n’appartient pas au « bon camp ». Mais c’est l’établissement de l’Attestation de Non-Redevance qui fait l’objet de toutes les magouilles et surtout de la corruption et du chantage les plus inacceptables dans un contexte déjà surchargé par diverses crises qui traversent et bouleversent notre pays de parts en parts.

Les montants officiels et non officiels à débourser pour entrer en possession du précieux sésame sont simplement effarants pour le commun des candidats et des citoyens. Il n’est pas rare d’entendre avancer les montants allant de 20 000 Fcfa à 75 000 Fcfa pour obtenir cette pièce fiscale dont peu de monde maitrise la valeur, la justification et la portée dans une compétition électorale. Il se dit que certains Chefs de Centres des Impôts ont décidé de « faire leur part d’élection » municipales et législatives sur le dos et les poches des candidats des partis d’opposition et même du RDPC, parti au pouvoir avant qu’il ne soit tard. Allez comprendre ! Il parle d’un Chef de centre des Imports de la Capitale qui a déjà fixé son montant à verser pour l’établissement de l’Attestation de Non-Redevance, quel que soit le statut fiscal du candidat.

Quelques candidats du PCRN, du SDF, du MRC, de l’UPC et même du RDPC rencontrés ou contactés ici et là sont au bord de la crise de nerfs. Ils n’ont pas encore fini avec les soucis de mobilisation des cautions que leurs malheurs viennent des gens qui avaient la simple mission de vérifier la conformité des pièces versées aux dossiers et de le signer sans autres formes de procédures. Mais le Cameroun c’est le Cameroun avec tous ces pêcheurs en eaux troubles, y compris celles de l’élection des représentants du peuple souverain. C’est vraiment une blague de très mauvais goût pour l’avenir du Cameroun.

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Tout porte clairement à croire que les consignes ont été nuitamment données à certains administrateurs et agents corrompus d’arnaquer ou de saigner à blanc certains candidats ; à défaut de torpiller la constitution de leurs dossiers et listes de candidats à ce double scrutin dont l’enjeu n’est pas à démontrer pour la paix et la stabilité déjà fragiles de notre pays. La conséquence directe sera l’immense frustration des candidats, la compromission de leur participation à ce scrutin, un probable contentieux pré-électoral dont on connait déjà la suite et surtout une crise pré-électorale dont personne ne peut mesurer les effets catastrophiques. Les principaux responsables de cette crise préélectorale annoncée sont les responsables et agents municipaux, les fonctionnaires et administrateurs et les responsables du parti au pouvoir qui tirent les ficelles pour bloquer leurs supposés adversaires dans cette compétition électorale. Depuis la convocation du corps électoral par le Chef de l’Etat, la tension est montée d’un cran et cette situation risque la faire déborder si les mesures appropriées ne sont pas prises pour arrêter très rapidement cette autre tentative de coup d’Etat scientifique ourdi par des hommes sans foi ni loi, qui sont les ennemis du Cameroun.

Eric Foyep

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