Cameroun : Ce qui s’est reellement passé au lycée bilingue de Deido à Douala

Une affaire de sodomie avait secoué cet établissement scolaire il y a un an. Un élève de la classe de 6ème avait été sodomisé par ses camarades de la classe de Terminale.

Rosmann Bleuriot Tsanou, 17 ans, est décédé vendredi après avoir reçu un coup de couteau de son camarade dans l’enceinte de l’établissement scolaire.

Rosmann Bleuriot Tsanou, âgé de 17 ans et élève en classe de 2nde ‘’C’’, ne terminera pas l’année scolaire entamée au lycée bilingue de Deïdo en
septembre 2018. Cet ancien élève du lycée bilingue de Bépanda où il a obtenu son Brevet d’études du premier cycle (Bepc), n’a même pas eu l’occasion de connaitre la moyenne qu’il a obtenue au terme du deuxième trimestre. Peu avant la remise des bulletins de notes vendredi 29 mars 2019, le jeune garçon a été poignardé à mort par un de ses camarades, dans l’enceinte de l’établissement scolaire. Selon des témoignages, tout est parti d’une dispute dans le bâtiment abritant les classes de 2nde. Une élève de la 2nde ‘’A’’ est délestée de son téléphone portable. Rosmann s’offusque et récupère le mobile. Une bagarre se déclenche vers 10h30. Dans la foulée, un poignard est brandi. Un élève est blessé à la cuisse. Rosmann tente de prendre la fuite. Son agresseur essaie de l’atteindre une première fois. Mais le long couteau termine sa course sur le mur et le poursuivant reçoit une entaille à la main. Quelques mètres plus loin, Rosmann est rattrapé. Son agresseur lui enfonce le couteau au niveau de la poitrine, côté gauche. Conduit par ses camarades à l’hôpital de district de Deïdo, la victime rend l’âme quelques minutes après son admission.

Bello Mohamed, qui est présenté comme l’assassin présumé, jette le poignard et tente de sortir de l’établissement scolaire. Mais il est retenu par des vigiles qui le transportent à l’infirmerie du lycée, à la vue du sang sur sa main. Il y reçoit des points de suture. L’autre élève atteint à la cuisse y est également conduit. Quelques minutes plus tard, les élèves en furie qui avaient accompagné leur camarade blessé à l’hôpital reviennent au lycée. Ils apprennent que le présumé meurtrier se trouve à l’infirmerie et veulent en découdre avec lui. Les mototaximen stationnés en nombre devant le lycée bilingue de Deïdo ne décolèrent pas non plus et sont prêts à apporter main forte. Les policiers des commissariats de sécurité publique du 7ème et du 9ème arrondissement, ceux de l’Equipe spéciale d’intervention rapide (Esir) et de la police judiciaire arrivés sur les lieux bataillent dur pour calmer les ardeurs. « La police a lancé le gaz lacrymogène pour disperser les gens, avant de sortir avec le présumé assassin », raconte un témoin. L’arme du crime quant à elle, est récupérée par un élève qui la ramène aux autorités. Celui-ci est tenu par la main par un policier, lorsqu’il avance. Cette photo qui fait le tour de la toile présente à tort l’élève comme l’assassin.

Gardés à vue

Une source à la police judiciaire fait savoir que deux agresseurs qui avaient escaladé la clôture du lycée pour prendre la fuite ont été rattrapés par les forces de l’ordre. Ils ont rejoint Bello Mohamed dans les locaux de la police judiciaire à Bonanjo, où ils sont placés en garde à vue. Les premiers éléments de l’enquête ouverte révèlent qu’un des élèves interpellés était exclu du lycée bilingue de Deïdo depuis le 5 janvier 2019. En attendant que les enquêteurs fassent plus de lumière dans cette affaire, les proches de Rosmann sont inconsolables. Au domicile des parents au quartier Bépanda lieu-dit « Petit marché » , c’est déjà le deuil. Entre cris et pleurs, il y a des interrogations qui fusent sur les réelles circonstances du décès de celui que ses camarades surnommaient «Le Tamanoir» .
Jean Marie Jaka, le tuteur de Rosmann, s’interroge aussi sur ce qui a pu se passer. Il a été alerté par téléphone alors qu’il quittait la ville. Il a fait demi-tour. Il apprend le décès de son fils en chemin, au journal de 12h d’Equinoxe Radio. A l’hôpital de district de Deïdo, il retrouve le cadavre de son fils, déjà recouvert. « Nous n’avons pas le bulletin qu’il est allé chercher, ni son sac. Je n’ai vu aucun responsable du lycée à l’hôpital. Ils ne m’ont pas contacté non plus. Mais qu’est ce qui a bien pu se passer ?» , s’indigne le père de famille. Un responsable du lycée fait savoir que le proviseur est en déplacement pour la ville de Yaoundé.

Ce n’est qu’à son retour qu’elle rencontrera la famille. Jean Marie Jaka rassure en outre que, contrairement aux informations qui circulent sur la toile annonçant le décès de la mère de Rosmann après ce drame, il n’en est rien. Il faut rappeler par contre que ce n’est pas la première affaire qui met le lycée bilingue de Deïdo devant les projecteurs. Les tensions dans la gestion de l’Apee, la consommation de drogue, les bagarres, sont entre autres problèmes plusieurs fois déjà évoqués dans ce lycée situé dans l’arrondissement de Douala 1er.

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