Cameroun: ce qui attend Njipendi Kouotou le nouveau DG à Camair-co

Louis Georges Njipendi Kouotou

Un nouvel équipage dirigé par Louis Georges Njipendi Kouotou, promu directeur général, présidera désormais aux destinées de la compagnie aérienne nationale.

La Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) a tenu un Conseil d’administration extraordinaire dans une discrétion inhabituelle le 27 mai à Yaoundé. Au terme des travaux qui auront été expéditifs, l’on retient que la compagnie nationale aérienne dispose désormais d’une nouvelle équipe dirigeante.

Louis Georges Njipendi Kouotou, qui était jusqu’ici le président du Conseil d’administration, remplace Ernest Dikoum au poste de directeur général. Il sera secondé par Max Constant Mve Minsi -ingénieur aéronautique et ancien de Cameroon Airlines- en qualité de directeur général adjoint.

Ce dernier succède à Moussa Habouba, qui était en poste depuis 2014. Le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, siégera quant à lui comme président du Conseil d’administration. Ernest Dikoum est limogé un peu moins de trois ans après son arrivée à la tête de cette entreprise. Sa nomination en 2016 avait été saluée par bon nombre d’observateurs du fait de son CV impressionnant dans le domaine de l’aviation civile.

Il vient au Cameroun après avoir passé la plus grande partie de sa carrière chez le transporteur Emirates. Il rejoint cette compagnie en mars 2004 en tant que directeur de l’analyse des prix pour la zone Amériques. Plus tard, en 2010, il est promu directeur général des opérations d’Emirates Group dans sept pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Guinée et Cap-Vert). Six ans plus tard, Ernest Dikoum s’envole pour Harare, pour diriger Emirates Zimbabwe. Séjour de courte durée, puisque quelques mois après son arrivée, il est promu à la tête de Camair-Co.

A son arrivée, il trouve une entreprise à genoux et asphyxiée par une dette estimée à 35 milliards Fcfa. C’est à lui qu’incombe la lourde tâche de piloter le plan de restructuration de la compagnie évalué à 60 milliards Fcfa, montant finalement ramené à 45 milliards Fcfa. Le gouvernement s’était attaché les services de Boeing Consulting, une filiale du constructeur américain Boeing pour la conception dudit plan.

Au départ, les choses semblent aller pour le mieux. Camair- Co se retrouve avec une flotte de six avions. La compagnie ouvre plusieurs lignes domestiques (Douala, Bamenda, Buea, Bafoussam, Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Yaoundé) et dessert quelques capitales dans la sous-région et en Afrique de l’Ouest : Abidjan (Côte d’Ivoire), Bangui (Rca), Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), Libreville (Gabon), Lagos (Nigeria) et Ndjamena (Tchad). « L’étoile du Cameroun » brille à nouveau.

Crash

Alors que l’on applaudissait encore ce qui s’apparentait à un redressement spectaculaire, Camair-Co entame une chute libre. Le plan de relance peine à se concrétiser. Ernest Dikoum déplore alors l’absence de financements attendus de l’Etat. Sur le terrain, c’est depuis le début de l’année 2019 que l’entreprise aligne couac après couac.

Des problèmes de maintenance ont conduit à l’immobilisation de quatre des six appareils mis à sa disposition ; ce qui le contraint à une location régulière d’appareils dans les pays voisins pour continuer à assurer le transport. L’annulation des vols devient un fait banal. Parfois sans informations ni personne pour les orienter, les passagers se retrouvent abandonnés à eux-mêmes. Camair-Co reste par ailleurs lourdement endettée à l’endroit des Aéroports du Cameroun, de la Cameroon Telecommunications, d’Eneo, ainsi que d’autres fournisseurs et prestataires de services.

Cerise sur le gâteau, vers la fin du mois d’avril, une menace de grève est venue s’ajouter aux problèmes que connait déjà l’entreprise. Parmi les griefs relevés par un collectif de cinq syndicats, l’on apprend que le personnel aligne trois mois d’arriérés de salaire.

Les syndicalistes déplorent également « l’inertie des instances décisionnelles et managériales face à la décrépitude de la compagnie ; la perte progressive de la clientèle de la compagnie due à une exploitation devenue incertaine, la dégradation d’un service de bord, inadapté et au rabais, entraînant la colère des passagers et l’accroissement de la pénibilité du travail des navigants à bord ; la quasi-inexistence du Cargo, gisement de recettes, abandonné à la concurrence ; le non-reversement systématique des cotisations Cnps, privant les retraités du bénéfice aux prestations sociales », etc. Autant de problèmes qui emporteront Ernest Dikoum, pourtant venu en « sauveur ».

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