Société

Cameroun – Cancer : Difficile pour les femmes de se faire dépister

En dépit des campagnes organisées à cet effet, une grande tranche de la gent féminine est toujours réticente.

Les espaces aménagés pour la campagne de dépistage des cancers féminins, au Centre hospitalier d’Essos (Che) ont fait le plein hier, 31 octobre 2018. En ce dernier jour de la campagne « octobre rose », les femmes ont tenu à bénéficier de l’occasion à elles offertes. Elles ont pris d’assaut les salles de consultation, de radiologie, du laboratoire, les principaux services concernés par cette campagne. « Je crois que dans l’histoire, nous avons relevé un score que nous n’attendions pas. Nous avons fait ce dépistage l’année dernière, il n’était pas aussi couru. Nous n’avions enregistré que 19 femmes. Cette année, nous sommes à plus de 800 femmes. Ce qui est énorme », se réjouit le chef du service d’imagerie.

Parmi ces femmes présentes au Che, chacune y va de sa motivation. « C’est bien de connaître son état de santé. J’entends dire que le cancer est une maladie bénigne et qui fait rage. Alors je suis venue me faire dépister », rapporte Noëlle, une commerciale. A coté d’elle, une jeune fille tenant son bébé dans les bras est surprise par notre question. « Je ne suis pas au courant qu’il y a une campagne de dépistage du cancer ici. Je suis venue là pour une consultation de mon bébé. En plus je n’ai jamais fait ce dépistage », avoue-t-elle.

Tous les deux ans

Le rapport des femmes au dépistage volontaire est plutôt difficile. « J’ai fait le dépistage du cancer du col de l’utérus l’année dernière sur la demande de mon médecin. Je suis allée le voir pour des problèmes de santé et il m’a proposé de le faire. Mon prochain rendez-vous est au mois de décembre », confie une dame. Dans le même sillage, Emma déclare : « je me suis faite dépistée lors de mon premier accouchement. À ce moment, mon utérus avait gonflé. Mon gynécologue m’a recommandé de faire des examens du col de l’utérus. Les résultats n’ont rien révélé. J’ai pris des médicaments et le gonflement de l’utérus a baissé. Je me suis encore faite dépistée lors de mon deuxième accouchement. Et les examens n’avaient rien relevé. Depuis lors, je me fais dépister tous les deux ans pour le cancer du col de l’utérus. J’ai appris que le cancer est l’une des premières causes de mortalité chez les femmes. Lorsqu’on observe déjà les symptômes, c’est trop tard ». « Je fais le dépistage du col de l’utérus, lorsque je fais mon check up, je l’inclus. Pour ce qui est du cancer du sein, j’ai fait une mammographie à cause du problème de glandes mammaires axillaires que j’ai au niveau de mes seins », renseigne une autre dame.

Une autre catégorie avoue leur indifférence au dépistage. « Je n’ai pas encore fait le dépistage pour le cancer. Je n’y pense pas parce que c’est une mauvaise maladie. En plus, je connais une jeune fille d’environ 30 ans qui a découvert il y a deux mois qu’elle a un cancer du sein. En plus, le traitement coûte cher. Tout ceci me fait avoir peur surtout que je ne connais pas les symptômes », informe Nadège Akam. A sa suite, Martine Beyala déclare : « Jusqu’ici, je n’ai jamais pensé faire le dépistage. Le week-end dernier, j’ai regardé un film sur le cancer. L’un des symptômes était les maux de tête. Depuis ce jour, je m’imagine le pire parce que j’ai continuellement mal à la tête. J’ai pensé aller me faire dépister mais très vite je me suis ravisée. Je préfère ne rien savoir. Je suis angoissée ».
Les informations diffusées sur le sujet ont permis à Alvine Vandi d’envisager le dépistage. « Je ne me suis jamais faite dépistée. Je pense le faire dans les prochains jours parce que depuis quelques temps on en parle. Selon les informations, il faut le prévenir et le dépistage est le meilleur moyen », indique-t-elle.

La campagne Octobre rose vise à prévenir et à détecter les pathologies cancéreuses chez la femme. Lors de la consultation, les femmes ont bénéficié des techniques pour palper leurs seins. « On leur montre comment faire pour palper les seins. Qu’elle le fasse régulièrement, même une fois par mois. Elles doivent maîtriser leurs seins afin que lorsque quelque chose de nouveau apparait qu’elles puissent se rendre compte », explique le docteur Nelly Nguimgo Ngoufack.

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Cécile Ambatinda
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