Cameroun : Bangangté sous le choc après le viol et le meurtre d’une fillette de 6 ans

Tsemo Dounya Leslie Grace

Suite au viol et au meurtre de la petite Tsemo Dounya Leslie Grace, 6 ans, à Bangangté, son père pasteur est sorti du silence. Un témoignage glaçant dans lequel il pointe du doigt plusieurs incohérences et irrégularités qui entourent le traitement policier de ce tragique dossier.

Les faits se sont produits samedi 3 mars. Enlevée alors qu’elle rentrait de l’école, l’enfant est violée puis retrouvée morte. Quelques heures après la découverte du corps, le père ne décolère pas. Et pour cause : d’après lui, les policiers auraient menti à plusieurs reprises sur certaines étapes cruciales de l’enquête.

« Que nous cache la police de Bangangté ? »

Le premier mensonge concerne l’heure et les circonstances de découverte du corps. Alors que la police affirme avoir reçu un appel anonyme vers 22h signalant un cadavre, la famille a pourtant signalé la disparition de la fillette dès… 20h !

Autre manquement choquant : les proches n’ont pas été avisés sur le moment pour venir identifier le corps. C’est seulement à 10h du matin que l’épouse a été convoquée au commissariat pour une identification, alors que le corps avait déjà passé la nuit au frais.

« Qui a ordonné cette mise au frais ? » s’interroge le père sous le choc, dénonçant le zèle « avec lequel la police considère ma défunte fille comme sa propre fille ».

Refus de rendre le corps pour cérémonie

Pire, en dépit de sa douleur, le pasteur s’est vu refuser le corps de sa fille pour une cérémonie de prière, « au prétexte que le corps était réquisitionné ». Seule après une heure de supplications la dépouille lui a été rendue pour… 30 petites minutes.

Un traitement « injuste » qui a profondément heurté ce père en deuil. D’où son cri du cœur à une église camerounaise trop souvent silencieuse : « réveillons-nous ! Je refuse que ma fille soit sacrifiée pour les occultistes ».

Des révélations qui mettent à mal l’enquête

En somme, ces révélations accablantes soulèvent de troublants doutes quant à la rigueur de l’enquête de police à Bangangté. Des mensonges, des irrégularités de procédure et des cachotteries qui risquent de fausser les investigations et de contrarier la manifestation de la vérité.

Et qui sait, de mettre à mal le procès équitable du ou des coupables, si tant est qu’il y en ait. Ce nouveau témoignage vient en tout cas épaissir un peu plus le mystère entourant le calvaire de la petite Tsemo. Sans parler du traumatisme immense laissé à sa famille et à toute une communauté.

Par Jean Fernand Onana pour 237online.com

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