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Société

Cameroun – Avenue Kennedy: Ce couloir qui fait peur

Au regard de nombreux coups de vols et des badauds qui y pullulent, certains habitants de la ville de Yaoundé traversent désormais ce lieu avec peur.

L’Avenue Kennedy de Yaoundé est connue pour ses activités multiples. De 7h à 19h, ce grand lieu marchand de la capitale politique du Cameroun grouille de monde. Vendeur à la criée, techniciens, commerçants etc., trouvent chacun un espace plus ou moins exigu pour faire valoir leur savoir-faire au quotidien. A côté de ces occupants diurnes, de nombreux jeunes désoeuvrés et sans abris pour la plupart y ont élu domicile. Des cartons servent de lit douillet pour certains. Ils sont de plus de plus nombreux à y passer la journée ; ce qui crée une atmosphère d’insécurité notoire à en croire des habitants de la ville de Yaoundé.

Il est 14 heures ce mercredi 12 juin. Un soleil de plomb oblige vendeurs à lever les parasols afin de se mettre à l’abri de la colère du ciel. Non loin d’eux, certains usent des astuces pour aguicher des clients potentiels de passage car il faut faire du chiffre. Une dame, la trentaine révolue, tient fermement son sac à main contre sa poitrine. Elle n’est d’ailleurs pas la seule car une autre, plus jeune, y passe en courant avec son sac à dos. « L’Avenue Kennedy est un lieu dangereux. On arrache facilement les sacs ici. Il suffit juste d’un petit moment d’inattention », glisse Abdoul Moussa. Il dit d’ailleurs avoir vu son portefeuille partir sous ses yeux il y a quelques semaines à peine. La méfiance est la chose la mieux comprise dans ce couloir aux multiple métiers. Sur le terre-plein, deux jeunes s’échangent langoureusement des coups de poing. Au coeur du « conflit », une pièce de 100 fcfa. « Il faut éviter de séparer la bagarre de ces enfants. Parfois c’est un stratagème. Vous allez séparer mais en retour votre téléphone s’évapore ou votre argent. Ils vous soutirent sans état d’âme », explique en souriant Blaise Lekouna.

Des témoignages de coups de vols ne manquent pas. « Un enfant d’à peine 16 ans a eu à arracher le téléphone d’un monsieur. Il n’a pas pu rattraper cet enfant qui l’a semé sous le regard amusé de ses amis. Même les taximen changent d’attitude une fois vers la poste centrale : « Ces jeunes sont dangereux. Au niveau de la poste centrale, je lève toutes les vitres de la voiture sinon, ils peuvent profiter des embouteillages pour arracher les téléphones dans le taxi ou les sacs des passagers ». Au-delà de l’Avenue Kennedy, ces jeunes rodent tout aussi au niveau de la Poste centrale et du Marché centrale. « Le ministère des affaires sociales et celui de la Femme et de la Famille devraient voir le cas de ces jeunes. Ils ne sont pas tous des voleurs ou des agresseurs comme certains veulent nous faire croire. Parmi eux, certains sont récupérables et en même de travailler », explique Yves Onana, enseignant. En attendant, ces jeunes se débrouillent comme ils peuvent pour assurer leur journée.

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