Société

Cameroun anglophone: Les sécessionnistes demandent l’arrêt des conflits

Les combats ont baissé d’intensité dans les localités de Babessi, Ndop et Balikumbat dans le département du Ngoketunjia.

Les séparatistes sortent de la brousse pour assister aux campagnes de lutte contre la maladie. Le vendredi 1e Mai 2020, le préfet de l’arrondissement de Ndop, chef-lieu du département de Ngoketunjia Handerson Quetong Kongeh, a procédé au lancement de la campagne départementale de lutte contre le coronavirus. La cérémonie s’est déroulée à Balikumbat, l’un des trois arrondissements du département. Aucun coup de feu n’a été tiré tout au long du chemin qui nous a conduit de Ndopa Balikumbat, une zone d’insécurité où les affrontements entre les éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) et les groupes sécessionnistes anglophone s’étaient recensés au quotidien. Une bonne nouvelle pour les habitants terrifiés qui se livraient aux activités de commerce lors de notre passage. Une autre bonne nouvelle, la journée n’a pas été décrétée « ville morte ».

C’est presque un miracle, puisque depuis trois ans, lors de tous les évènements officiels, les séparatistes anglophones décrètent ville morte pour boycotter l’évènement et montrer leur opposition à sa ténue. Selon le préfet de Ndop, toutes ces bonnes nouvelles ne sont pas du fait de hasard. « il y a eu ces derniers mois de nombreux messages audio qui ont circulé sur whatssap, des messages des leaders des groupes sécessionnistes qui demandaient à leurs combattants de sortir de brousses pour se confiner et éviter de contracter le coronavirus », explique Handerson Quetong Kongeh. Ainsi, Le temps de lutter contre le covid 19, les sécessionnistes ont donc décidé de baisser les armes.

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La campagne de lutte contre le coronavirus s’est déroulée sans aucun incident, avec la sensibilisation sur les mesures barrières, et le respect des
mesures gouvernementales de lutte contre la maladie. Tout s’achève par la distribution du savon, des sceaux, caches nez et autres aux populations
venues par centaines. Le préfet de Ndop accompagné du maire de la ville affirme que l’appel lancé par les leaders sécessionnistes à leurs compatriotes pour qu’ils déposent les armes en cette période de lutte contre le coronavirus semble être respecté. Il n’est pas exclus que plusieurs d’entre eux se soient infiltrés dans la foule ce jour pour suivre les messages et recevoir les caches nez et autres accessoires.

Baisse des affrontements armés

Une paix relative est observée en ce moment dans les arrondissements de Babessi, Ndop et Balikumbat. « Pour lutter contre le coronavirus, nous sommes allés dans les marchés les plus reculés, les gares routières et lieux publics pour sensibiliser les populations sur les 13 mesures et distribuer les kits dans les hôpitaux », affirme Handerson Quetong Kongeh. Le préfet précise qu’à chaque fois, les ambazoniens sont sortis de la brousse pour venir assister à la sensibilisation. Selon lui, il y a juste quelques petits groupes armés retranchés dans les montagnes de la région du Nord-Ouest qui continuent à faire de la résistance.

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Et de temps à autres les militaires camerounais vont les affronter pour éviter qu’ils dépouillent les habitants. « La plus part des leaders sécessionnistes se trouvent à l’extérieur du pays. Vu les ravages de la maladie dans le monde, ils ont demandé l’arrêt des conflits et que les ambazoniens prennent des mesures pour ne pas contracter la maladie. Mais il y a quelques petits délinquants qui continuent de perpétrer des actes de vols », confie le sous-préfet de Balikumbat, satisfait de marcher en pleine rue sans plus avoir peur.

Hugo Tatchuam

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