Economie

Cameroun – An 38 du renouveau: La filière bois en berne

A défaut de transformation locale, les taxes prévues par la loi ne sont pas perçues par les principaux bénéficiaires.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 1960 et la fin de la décennie 1980, le Cameroun est passée de 475 à 1 million 343 mètres cubes de production de grumes. Dans le même temps, la transformation du bois en pâte à papier est passée de 122 mille à 400 mille tonnes. Des productions assurées par la
Sofibel et la Cellucam. Des entreprises du portefeuille de l’Etat qui rentrent désormais dans le domaine de la nostalgie. Raisons ? Les deux structures en charge du développement de la filière n’ont pas résisté à la frénésie des privatisations engagées par le gouvernement dans la deuxième moitié de la décennie 1980.

Difficile d’obtenir des sources gouvernementales la quantité de grumes régulièrement exportée. Encore plus complexe d’en savoir sur les revenus réels de que produisent les exportations massives du camerounais à l’étranger. Seule certitude admise par des sources proches du gouvernement, «Les recettes d’exportation du bois constituent la deuxième source de devises pour le trésor public.» Des exportations en majorité exploitées par des entreprises étrangères a qui le gouvernement octroie des concession à tour de bras.

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A l’observation, la tragédie de l’exploitation des essences camerounaises est que le secteur est doté d’un dispositif réglementaire depuis le début des années 90. Dispositif dont l’application reste muette. Ainsi, la loi dispose que chaque concession forestière doit créer une unité de première transformation. Une loi dont l’objectif est de favoriser la création de Petites et moyennes entreprises (Pme) susceptibles de créer des emplois et des ressources financières nécessaires au développement local.

Dans le même sillage, les différentes taxes imposables sur la coupe et la sortie des grumes sont souvent ignorées, faute d’existence de cadres nécessaires à leurs recouvrements dans les localités exploitées. Souvent, les taxes prélevées à l’insu des principaux bénéficiaires s’évanouissent dans des trésoreries parallèles. Pourtant, soutiennent des sources gouvernementales, les droits prélevés dans l’abattage et la sortie de ces ressources forestières représentent au moins 80% des recettes attendues par l’Etat de la filière bois.

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