Cameroun : Abba Alim sur les chantiers routiers de l’Adamaoua

Abba Alim

Le vice-président de l’Assemblée nationale évalue depuis trente jours la qualité et l’efficacité des chantiers routiers financés par le ministère des travaux publics et le ministère du développement urbain.

Entreprise fantôme

Le constat fait par Abba Alim, le vice-président de l’assemblée nationale après sa descente sur les sites des travaux routiers financés par le Mintp et le Minduh est amer. Qualité approximative, manque de base vie pour les entreprises, mission de contrôle et ingénieur de travaux absent. C’est le constat fait par la commission mise sur pied par l’élu du peuple après des descentes sur les travaux d’entretien routier entre Ngaoundéré et Belel, financés par le ministère des travaux publics dont les travaux n’ont toujours pas débuté après 5 mois. Une seule plaque installée à l’entrée de la ville de Belel indique que les travaux sont en cours. Que ce soit à Ngaoundéré ou à Belel, personne ne connaît l’entreprise Ets Brain Service adjudicataire du marché d’entretien de la route. Même les autorités administratives et municipales ignorent la présence de l’entreprise. Dans le cahier de charge de l’entreprise, la route devrait être large de 13 mètres. Sur le terrain, la commission Abba Alim va constater que la largeur de la route entre Ngaoundéré et Belel est de 7 mètres. Les travaux sont effectués à moins de à 30%. Le financement de cette route s’élève à 459.643.978 FCFA.

Cahier de charge ignoré

Sur le chantier d’entretien de la route de la gare marchandise, ici, le travail ne respecte aucune norme. L’entreprise Wildi ne respecte pas le cahier de charge. La profondeur des caniveaux et la dimension font à peine 40 cm. Le tout est fait avec désinvolture et amateurisme. Aucune présence de l’ingénieur de suivi des travaux. A la question d’un membre de la commission de suivi des travaux du Bip mise sur pieds par le vice-président de l’assemblée nationale dans l’Adamaoua, un maçon répond : « le patron n’est pas là depuis hier. Il m’a demandé de l’appeler quand on aura besoin du ciment. C’est nous qui maçonnons les caniveaux. Je ne connais pas la mission de contrôle » dit-il à la commission de contrôle Abba Alim. Selon le rapport de la mission de contrôle, l’entreprise Wildi est à plus de 300% de délai de consommation. 788.791.370 FCFA. Si l’entreprise se vante d’avoir réalisé plus de 60% des travaux, la route reliant le carrefour de la Gare-voyageur au carrefour de l’aéroport est sur le point de céder. Des nids d’éléphants se sont creusés sur la chaussée à plusieurs endroits où l’entreprise a déjà effectué des travaux.

Caniveaux hors normes

Idem sur le chantier du carrefour Bokom à l’Eht-Cemac. Malgré les mises en garde du ministre du développement urbain, l’entreprise Bliss Sarl est restée insensible. Aucune injonction de Célestine Ketcha Courtès n’a été prise en compte. La qualité des travaux des caniveaux le long de ce tronçon laisse à désirer. Les riverains des quartiers Bamyanga, Socaret se plaignent de la qualité des travaux et de la construction des caniveaux qui ne répondent à aucune norme. Les responsables de l’entreprise Bliss Sarl et ceux de la délégation régionale du Minduh pour l’Adamaoua n’apportent aucune réponse. Ils évitent au mieux une rencontre avec l’élu du peuple.

Approché par le Jour, le délégué régional du Minduh s’est refusé à tout commentaire sur le chantier en question. Idem sur le chantier de la route de la gare marchandise où l’entreprise peine l’entreprise Wildi peine à réaliser les travaux. Ce dernier a toutefois pris fait et cause pour l’entreprise. Le montant global pour les travaux de ce tronçon est de 313.081.100 FCFA. Selon lui, les travaux de ce tronçon sont exécutés à plus de 90% et la qualité des caniveaux ne souffre d’aucune contestation. Ce qui n’est pas de l’avis des ingénieurs membres de la commission Abba Alim et de l’opinion publique.

Boycott

Une réunion de restitution, et de confrontation entre les différentes parties, c’est-à-dire les membres de la commission Abba Alim, les responsables des entreprises chargées des travaux, les responsables du Mintp et les ceux du Minduh pour l’Adamaoua a ponctué cette visite. Les responsables des entreprises chargées des travaux et ceux de la délégation régionale du Minduh ont boycotté la rencontre. Malgré cela, la commission Abba Alim a rendu sa copie. « Nous voulons que cette rencontre soit contradictoire pour avoir plus d’amples informations sur les trois chantiers qui nous pose des problèmes dans la Vina. L’objectif pour nous est de suivre, vérifier que les projets financés et destinée dans l’Adamaoua soient exécutés pour le bien de la population. Nous regardons aussi la qualité des travaux », explique Abba Alim, le vice-président de l’assemblée nationale. Selon le parlementaire, rien ne sera comme avant dans la région de l’Adamaoua. Les projets financés par l’Etat seront exécutés en qualité et dans les délais. « Nous sommes là pour travailler pour la population et nous ferons notre travail. Que les entrepreneurs véreux ne viennent pas dans l’Adamaoua. Nous serons regardant sur la qualité des travaux et le relais d’exécution », a conclu Abba Alim.

Adolarc Lamissia

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