Société

Cameroun – À titre posthume : Respect éternel au « Grand Camarade » ! Pius Njawe

11 ans après la mort de Pius Njawe… Ce n’est pas fini. La longue marche du Messager dans la jungle médiatique du Cameroun se poursuit.

Nos larmes aux yeux n’ont pas séché onze ans après le départ si précoce, sans dire au revoir de Pius Njawe. Le directeur de la publication est présent dans chacun de nous et des articles publiés dans le quotidien Le Messager. Au poste de directeur de la publication depuis quelques années déjà, Jean François Channon poursuit l’œuvre et veille au grain. Les deux rédacteurs en chef: Blaise-Pascal Dassié et Christian Tchapmi en sont les chefs d’orchestre. Ils sont accompagnés au quotidien dans leur travail de fourmis par des journalistes engagés, disponibles, d’un talent remarquable. De là-haut où, il se trouve, Pius Njawe sait que la mission n’est pas terminée. Il y a encore des wagons qui suivent la locomotive. C’est vrai que les conditions de travail deviennent coriaces, extrêmement difficiles. Les salaires sont rares, voire inexistants… Inaccessibles. Le dénuement est profond, affligeant. Mais en mémoire de Pius Njawe, les esprits qui s’échauffent de temps à autre, restent concentrés sur l’essentiel, n’entendent pas trahir la légende, ni faire dérailler définitivement la locomotive. Malgré le vieillissement du « moteur », en dépit des douleurs et des heurts, il y a encore quelques téméraires plein d’audace et d’orgueil qui font de la résilience. La crise qui plombe toute la presse écrite au Cameroun de manière effective et perceptible, n’épargne pas Le Messager. Les onze ans-anniversaire de la mort de Pius Njawe, se commémorent dans la douleur matérielle et financière.

Tribalisme et replis identitaires

Il doit bien être chagriné et déçu de l’outre-tombe lorsqu’il voit l’escalade de la violence, la perversité, la dépravation de la morale publique, la décrépitude des mœurs, le libertinage, les dérives sexuels, la montée en puissance de la cybercriminalité, l’impunité qui s’en suit, l’apogée du tribalisme et les replis identitaires. Pius Njawe n’était pas tribaliste. Il embrassait tout le monde. Il était radical, sévère, impitoyable face à toutes velléités tribales. Exorcisé, vacciné et immunisé contre la malédiction tribale, si Pius Njawe se réveillait aujourd’hui, il serait indigné, choqué, révolté face à l’impuissance du pouvoir gouvernant du Cameroun qui semble laisser faire, n’arrive pas à trouver une riposte efficace et ferme contre les enclaves du vice. Comment comprendre la démission du pouvoir-État au moment où ses gouvernés se trouvent de jour en jour exacerbés, happés, plombés par l’escalade d’un tribalisme nocif et vicieux?

Si Pius Njawe était là, il ne pouvait pas rester sourd, silencieux et muet face à toutes ces attaques et dérapages dans les réseaux sociaux qui font rejaillir des instincts grégaires et la montée des replis identitaires. Pour le salut, le repos de l’âme du fondateur du Messager qui nous a quittés depuis onze années pour un long voyage sans retour, tous ensemble, nous devons remonter la pente, sacraliser les libertés publiques et individuelles, criminaliser le tribalisme et les replis identitaires.

Souley ONOHIOLO

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