Cameroun : A la quête des places dans les écoles à Bertoua

Cameroun ecole sans table bancs

Alors que l’on amorce la quatrième semaine de l’année scolaire 2021/2022, plusieurs parents n’ont toujours pas réussi à inscrire leurs enfants.

Presqu’un mois après le début des classes, Géraldine Mfégué, parent d’élève fait le pied de grue devant le secrétariat du principal du collège de L’Orient de Bertoua. Elle sollicite une place pour sa fille de 10 ans qui a été admise au Cep et qui malheureusement a échoué le concours d’entrée au collège Terrestra. Jusqu’au lundi 20 septembre 2021 en fin de matinée, les nouvelles n’étaient pas bonnes pour Géraldine. « La secrétaire m’a répondu qu’il n’y a plus de place en 6ème. Mais je vais essayer de voir le principal », se désole-t-elle. Comme Géraldine, de nombreux parents campent devant les bureaux des responsables d’établissements à la recherche d’une place. La file d’attente devant le bureau du proviseur du lycée Bilingue de Bertoua était impressionnante vendredi dernier.

Pour tous les élèves qui n’ont pas présenté de concours, il n’y a vraiment pas de places. « Les listes sont d’ailleurs arrêtées », précise le chef d’établissement. La sœur directrice du collège Terrestra dit d’ailleurs qu’un troisième concours d’entrée en 6ème a été supprimé à la dernière minute parce que : « Les classes étaient en sureffectif malgré le système de mi-temps qu’impose la covid 19 ». Dans cet univers, les parents ne savent plus à quel saint se vouer. Selon notre enquête, à Bertoua, la majorité d’entre eux sont nouvellement affectés dans la ville et pour d’autres, les résultats aux examens officiels de leur progéniture dans les établissements antérieurs les ont contraints à changer de milieu : « Ma fille était au collège de l’Orient. Elle n’a pas réussi à l’examen du probatoire alors qu’elle reprenait la classe là-bas, je suis venu négocier ici. Le choses sont plutôt corsées », confie un parent anxieux, rencontré au lycée scientifique de Bertoua.

Du Stress

En fait, le système de recrutement dans les établissements scolaires privés, pour la majorité se fait par voie de concours. Tout au long de la semaine précédente des tests de recrutement ont été organisés çà et là en fonction des disponibilités des places par classe. Avec ce système, les parents nouvellement arrivés dans la ville de Bertoua ne s’en sortent pas. « J’ai trois enfants à inscrire et jusqu’aujourd’hui aucun je n’ai trouvé de place pour aucun d’entre eux », avoue une mère éplorée. Pour les élèves, aussi bien du primaire que du secondaire le stress est à son comble. Pour certains, ils s’en remettent à la providence divine pour résoudre ce problème. Pour d’autres, ils espèrent que les proviseurs et les principaux des lycées et collèges feront preuvede d’humanisme à cause de la limite des places imposée par la pandémie de la covid 19. Plusieurs autres parents ont arrêté les transactions pour ne pas se faire arnaquer par des enseignants, qui finalement, n’inscriront pas leurs enfants au lycée.

Devant cette situation, les établissements privés sont la dernière voie de recours pour les parents. Des parents sont prêts à débourser le triple des frais de scolarité pour voir leur progéniture dans les salles de classe. En fin d’après-midi de lundi dernier, la liste des audiences de la sœur directrice du collège Terrestra affichait trente noms de parents en début d’après-midi. « Tous viennent négocier une place hors concours pour leurs enfants. C’est un peu pénible puisque les effectifs requis à cause de la pandémie de covid 19 sont déjà atteints voire même dépassés dans certaines classes. Mais ici, avec la pratique des faux bulletins, nous ne recrutons que sur concours. Mais il faut savoir qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde », déplore la sœur directrice du collège Terrestra de Bertoua.

En dehors des tracasseries financières et des affectations de dernière minute, certains parents pensent insister jusqu’en fin octobre avant de se rabattre dans les établissements de second niveau.

Charles Mahop

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *