Cameroun 2025 : Bataille explosive entre Nintcheu et la société civile

Nintcheu et Kah Walla

À un an de l’élection présidentielle au Cameroun, une guerre fratricide fait rage au sein des forces du changement. Jean Michel Nintcheu, député et coordonnateur de l’Alliance pour le changement qui soutient la candidature de Maurice Kamto, est entré dans une confrontation musclée avec deux figures de proue de la société civile : Edith Kah Walla et Maximilienne Ngo Mbe. Au cœur de cette bataille, les inscriptions sur les listes électorales, enjeu crucial pour 2025.

Nintcheu accuse Kah Walla et Ngo Mbe d’entraver les inscriptions

Dans une tribune au vitriol publiée le 1er mai 2024, Jean Michel Nintcheu a ouvertement accusé Edith Kah Walla et Maximilienne Ngo Mbe de tenter de saboter le processus d’inscription sur les listes électorales. « Je ne comprends pas par quelle alchimie on ose opposer l’inscription sur les listes électorales et le droit de vote à la résolution de la crise anglophone ainsi qu’à la nécessité d’organiser des manifestations pacifiques pour faire tomber le régime de M. Biya », a-t-il fustigé, comme le rapporte 237online.com.

« La cinquième colonne du pouvoir » : Des mots qui blessent

Mais le député ne s’est pas arrêté là. Avec des mots d’une rare violence, il a insinué que les deux activistes seraient manipulées par le pouvoir en place pour entraver la défaite annoncée du régime Biya en 2025. « Le vieux pouvoir kleptocrate et incompétent de M. Paul BIYA ferait-il désormais appel à la cinquième colonne pour tenter maladroitement d’échapper à ce qui, à cause de son bilan désastreux de 43 ans de gestion arrogante, est désormais son destin : sa défaite cuisante en 2025 ? », a-t-il interrogé, menaçant de classer Kah Walla et Ngo Mbe parmi les « adversaires du peuple ».

Ngo Mbe réplique : « On ne va pas descendre dans la boue »

Face à cette attaque frontale, la réponse de Maximilienne Ngo Mbe a été cinglante. « Aka, le populisme et l’opportunisme des alliés des clans au pouvoir nous laissent à 36 degrés. On ne va pas descendre dans la boue. Il n’y aura rien en 2025« , a-t-elle rétorqué, dénonçant les propos de Nintcheu et annonçant un scrutin sans enjeu.

Une fracture béante au sein des forces du changement

Au-delà de la virulence des échanges, cette passe d’armes révèle une fracture profonde au sein des forces qui se sont historiquement opposées au régime de Paul Biya. Un climat délétère qui fait le jeu du parti au pouvoir, le RDPC, qui prépare activement la candidature du président sortant pour un énième mandat, après 40 ans de règne sans partage.

2025, une élection cruciale pour l’avenir du Cameroun

Pourtant, l’élection présidentielle de 2025 s’annonce cruciale pour l’avenir du Cameroun. Après quatre décennies d’un pouvoir monolithique marqué par la stagnation économique, les tensions sociales et la crise anglophone, nombreux sont les Camerounais qui aspirent à un véritable changement. Mais cette bataille fratricide au sein de l’opposition risque de saper les espoirs de millions d’électeurs.

Un appel à l’unité et à la aaison

Face à cette situation préoccupante, les voix de la sagesse appellent à l’unité et à la raison. Comme le souligne un analyste politique interrogé par 237online.com, « les forces du changement n’ont d’autre choix que de surmonter leurs divergences et de se rassembler autour d’un projet commun pour le Cameroun. Sinon, elles offriront sur un plateau la victoire au régime en place ».

L’histoire retiendra-t-elle 2025 comme l’année d’un changement tant espéré, ou comme celle d’une occasion manquée, sabordée par les ego et les divisions ? La réponse est entre les mains des acteurs politiques et de la société civile. Mais une chose est sûre : les Camerounais, lassés par des décennies d’immobilisme, attendent des actes forts et une vision rassembleuse. L’avenir du pays en dépend.

Par Jean-Claude Etoundi pour 237online.com

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