Société

Cameroun : 1850 morts dans les zones anglophones

Le conflit armé qui a déclenché en octobre 2016 dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest entre les forces armées régulières et les groupes séparatistes a déjà fait 1850 morts, 530.000 déplacés internes et des milliers de réfugiés en 20 mois, selon le rapport publié le jeudi 2 mai 2019 par l’Ong International Crisis Group.

En parcourant le document d’une cinquantaine de page, il est clairement établi que : «7milices armées sont actuellement en position de force dans la majorité des localités rurales des deux régions, contre un pouvoir qui refuse toute discussion sur la forme de l’Etat et la réforme des institutions mais qui propose plutôt une décentralisation qui ne confère ni un financement adéquat, ni une autonomie suffisante aux communes et régions, et est dans la perspective des élections régionales cette année.»

International Crisis Group, ressort dans son rapport, les carences du modèle de gouvernance centraliste camerounais en interpellant directement les autorités gouvernementales sur la nécessité d’une meilleure prise en compte des minorités, des héritages coloniaux et des spécificités culturelles, et la redistribution juste et équitable des richesses du Cameroun.

En fleurant la forme de l’Etat voulue par les séparatistes et celle soutenue par le gouvernement camerounais, l’Ong penche sa réflexion sur «plus d’autonomie des régions» et pense que «les Nations Unies, l’Union africaine, l’Église catholique et la Suisse semblant les mieux placées pour jouer le rôle d’accompagnateurs dans ce processus, les parties au conflit les percevant comme moins partisanes»

Le rapport n’exclut pas les pressions pour pousser les deux camps à des concessions avec en fond de toile, «des sanctions contre ceux qui feraient obstacle au dialogue» et la «la récompense aux moins intransigeants»,

Dans le rapport, il est clairement précisé que «la combinaison de pressions internes et internationales, pourrait amener le gouvernement et les séparatistes à de telles concessions en même temps que, au niveau international, l’idée serait de récompenser les parties qui acceptent de modérer leurs positions et de sanctionner celles qui maintiennent une ligne plus raide.»

Le document qui donc été rendu public précise bien que «si certains séparatistes se montrent intransigeants d’autres pourraient accepter un dialogue avec l’Etat camerounais en présence d’un médiateur international, sur le fédéralisme ou une décentralisation effective, qui conférerait une autonomie et un financement adéquat aux régions, et garantirait le respect des spécificités anglophones en matière judiciaire et éducative» et que «si le gouvernement camerounais semble exclure le fédéralisme, il pourrait en revanche consentir au régionalisme ou à une décentralisation effective, qui passerait par une modification du cadre législatif»

Tout est clair dans ce document qui a été remis aux décideurs.

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Par Kellé Dadou App
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