Bénin : voici pourquoi l’avortement a été légalisé

Avortement legalisé

Le Parlement béninois a officiellement légalisé ce 22 octobre le recours à l’avortement. Une nouvelle que la société civile et des autorités religieuses digèrent mal.

C’est après un vif débat que le Parlement du Bénin a voté la loi consacrant la légalisation de l’avortement dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 octobre 2021. Les échanges ont été si houleux que certains députés ont dû quitter l’hémicycle. Pressentant ce vote la veille, la Conférence épiscopale du Bénin avait publié un communiqué pour formellement marquer son désaccord « La légalisation de l’avortement est la culture de la mort » ! Avant d’ajouter, plus loin, qu’il existe des « alternatives honnêtes et fiables pour remédier aux maux que l’on entend résoudre par la légalisation de l’avortement », renseignait le document.

La loi à l’origine de la discorde au Bénin, est en réalité une modification de loi sur la santé sexuelle et la reproduction qui datait de 2003, et qui condamnait sévèrement les actes d’avortement. L’IVG était alors formellement interdite dans le pays sauf circonstances exceptionnelles, comme lorsque la grossesse était la conséquence d’un viol ou d’une relation incestueuse ou en cas de risque pour la vie de la femme.
Benjamin Hounkpatin, le ministre béninois de la Santé, se réjouit d’une décision clairvoyante des parlementaires lors d’une sortie médiatique. « La légalisation de l’avortement va permettre de soulager les peines de nombreuses femmes qui, face à la détresse d’une grossesse non désirée, se trouvent obligées de mettre leur vie en jeu. […] Plusieurs familles continuent de pleurer la perte d’un enfant, d’une épouse, d’une mère partie tragiquement à la suite d’un avortement compliqué. Ces blessures sont irréparables. Pourtant, on peut bien éviter ce drame qui se joue sous nos yeux. » a soutenu le membre du gouvernement.

Pour l’heure, cette légalisation ne concernera que les grossesses de moins de douze semaines, et toute tentative d’avortement ne pourra être faite que sur une demande expresse et explicite de la femme enceinte. La loi dispose précisément que l’IVG pourra être autorisée « lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale. » Concrètement, au-delà des risques pour la santé de la femme et la vie du futur bébé, la loi autorise désormais les familles pauvres qui ne pourraient pas supporter la charge et le poids financier qu’impliquent une novelle naissance, de pouvoir avorter en toute légalité.

Un rapport du gouvernement béninois apprend que près de 200 femmes décèdent chaque année des suites de complications dues à un avortement difficile. Raison pour laquelle Le ministre de la santé a rappelé qu’il faut voir cette loi comme une « mesure de santé publique dont l’unique objectif est de sauver des vies humaines. » En attendant, la société civile reste très divisée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à la culture majoritairement religieuse.

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