Politique

Barrister Mbuton Bobga Harmony: « Nous ne sommes pas prêts à assister à ce dialogue national »

Le Président du mouvement baptisé « Justice Peoples of British Southern Cameroons», par ailleurs initiateur de la grève des avocats anglophones parle de la crise anglophone.

Cela fait exactement quelques semaines que les membres de « Justice Peoples of British Southern Cameroons» basés aux Etats-Unis ont contacté la rédaction du journal « L’Avenir » pour solliciter un entretien exclusif sur la situation sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest. Comment ont-ils eu nos contacts? Ils ont aperçu nos numéros de téléphone à la première de couvertures de l’une de nos éditions largement partagée sur les réseaux sociaux et qui traitait en toute impartialité l’actualité sur la crise anglophone. Depuis lors, ils ont toujours souhaité dire leur part de vérité à l’opinion publique nationale et internationale sur cette crise qui perdure.

Mais nous leur avons signifier que le Journal « L’Avenir » ne donne pas la parole aux terroristes qui cherchent à déstabiliser coûte que coûte le Cameroun , en passant par les régions anglophones , aujourd’hui en proies aux péripéties amères et ensanglantées ,surchargées et ternies par l’ombre oppressante d’une République fantôme qu’on appelle « l’Ambazonie ». Ceci d’autant plus, que les victimes de traumatismes perpétrés par les sécessionnistes sont nombreuses, à la suite des violences cruelles et répétées qu’elles endurent.

C’est alors qu’ils nous ont expliqué que leur mouvement revendique certes l’indépendante du « Southern Cameroons », mais qu’ils n’ont jamais pris les armes contrairement à d’autres groupes qui sèment la terreur dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest. Aussi, ils ont indiqué qu’ils souhaitent atteindre pacifiquement leur objectif en discutant avec le gouvernement du Cameroun sur des « vrais sujets ». La position de votre Journal est claire : nous sommes contre la sécession.

Cependant, dans un contexte marqué par la volonté du gouvernement d’ouvrir un dialogue inclusif pour résoudre cette crise, il nous a semblé important de donner la parole aux leaders indépendantistes pour savoir ce qu’ils pensent vraiment. Ceci étant donné qu’il est difficile de résoudre une crise sans savoir ce que pense l’adversaire. C’est notre manière d’aider le gouvernement à trouver une solution définitive à cette crise. Nous ouvrons cette série par Barrister Mbuton Bobga Harmony, le Président de « Justice Peoples of British Southern Cameroons ».

En clair, l’interview exclusive accordée à l’auteur de ces lignes est la pensée du mouvement baptisé « Justice Peoples of British Southern Cameroons» aujourd’hui basé aux Etats-Unis. C’est ce mouvement qui porte les revendications indépendantistes. Les réponses à notre protocole d’interview ont été adressées à notre rédaction via la cellule de communication de la « Justice Peoples of British Southern Cameroons ». Elles sont attribuées à Barrister Mbuton Bobga Harmony, leader dudit mouvement, par ailleurs Président du Nord-Ouest Lawyers Association. C’est cet individu qui fut l’instigateur de la marche des Avocats au UP Station de Bamenda.

Quel est votre sentiment après le discours d’apaisement du président Paul Biya ?

Le mouvement baptisé « Justice Peoples of British Southern Cameroons» n’est pas satisfait du discours prononcé par le Président Paul Biya le 10 septembre dernier. Ainsi, nous ne sommes pas prêts à assister à ce dialogue national annoncé par le président Paul Biya.

Mais vous avez toujours exigé le dialogue comme condition préalable à la paix. Vous semblez avoir changé d’avis ?

Nous voulons le dialogue avec le Gouvernement de la République du Cameroun pour les thèmes de la séparation. Nous ne voulons pas des pourparlers qui visent à rester dans le mensonge de la colonisation frauduleuse. Nous voulons un dialogue franc et sincère.

Le Gouvernement de la République du Cameroun a entamé une série de Pourparlers avec les sécessionnistes qui sont d’accord pour le dialogue. Mais il nous revient que vous êtes divisés sur la manière dont la crise sera résolue?

Nous ne sommes pas divisés. Comme toujours, le gouvernement de la République du Cameroun refuse le dialogue sur les thèmes de la séparation.

Que pensez-vous du fait que c’est un fils anglophone et plus précisément du Sud-ouest qui présidera le dialogue national ?

La désignation de Joseph Dion Ngute, Premier ministre, Chef du gouvernement, ne change rien sur le fond du problème. Nous pensons qu’un employé ne porte que l’idée de son patron.

Concrètement, que proposez-vous pour le retour à l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest ?

L’école ne peut reprendre dans le contexte sécuritaire actuel. Pour que l’école reprenne dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest aujourd’hui affectées, nous demandons au gouvernement de la République du Cameroun le retrait de l’administration et de l’armée de la République du Cameroun dans les territoires du « British Southern Cameroons ». La fraude de 1972 doit être fortement punie. Ce, après l’instauration totale de l’indépendance du British Southern Cameroons.

Il se trouve que vous avez hypothéqué l’avenir des enfants depuis 3 ans en les empêchant d’aller à l’école. Etes-vous conscients des conséquences de vos actes ?

Nous n’avons pas hypothéqué l’avenir de nos enfants. C’est l’Etat de la République du Cameroun qui, par la présence de ses militaires dans notre territoire, qui refuse de quitter nos terres après la fraude de 1972 et la validation de celle-ci au 1er février 1984. Cependant, il faut bien distinguer l’école et l’éducation. La majorité de notre peuple estime que « ça suffit comme ça ».

On vous accuse aussi de tuer les élèves, les enseignants et l’armée…

Comme toujours, c’est le gouvernement de la République du Cameroun avec ses fakes ambas boys et fakes groupes sécessionnistes crées par Consors qui est à l’origine de ça. Ceci étant donné que la République du Cameroun cherche à tenir l’image de cette restauration à l’échelle internationale.

Comment avez-vous vécu la condamnation d’Ayuk Tabe et Cie ?

Pas surprenant. C’était prévisible. Car, la République du Cameroun cherche quelque chose pour intimider les leaders anglophones. Les montants de dommages demandés aux personnes condamnées sont pour essayer de donner une valeur monétaire par rapport aux réparations que nous allons avoir au terme de la résolution de cette crise.

Les Etats-Unis qui semblent vous soutenir sont pour le Fédération (En témoigne la résolution 358 du Congrès américain). Etes-vous au courant ?
La position de CRS qui est le Congressional Research Services dans le dossier concernant le British Southern Cameroons a été baisée. C’est la raison pour laquelle nous sommes actuellement entrain de demander une enquête au Congrès américain sur eux parce qu’ils ont émis une réponse écrite dans laquelle le CRS a pleinement refusé d’utiliser «Southern Cameroons ». Car pour eux, utiliser ces mots « will be controversial and divisive to do so ». De même, en donnant rien qu’une proposition de solution favorable à l’Etat du Cameroun, ils les ont favorisés au détriment de nos autochtones qui ont le droit selon les lois internationales au « Self Determination » de leur destin.

Nous avons démontré aux Congressmembers des Etats-Unis qu’en le faisant, ils laissent une porte échappatoire à la République du Cameroun car, nous allons les traduire devant la justice internationale pour violation du traité de Fédéralisme qu’eux-mêmes ont aboli sans la permission de nos populations autochtones. Barrister Mbuton Bobga Harmony n’a pas changé sa démarche républicaine pour la restauration de l’indépendance des autochtones du British Southern Cameroons.

En menant une guerre pour obtenir votre indépendante, savez-vous que vous vous mettez à dos la communauté internationale qui penche pour le Fédéralisme ?

Non. C’est les lobbies de la République du Cameroun au sein de la communauté internationale qui sont pour le fédéralisme, pas la communauté internationale. Ceux-ci cherchent une porte de sortie glorieuse pour la République du Cameroun par le Fédéralisme. Cette option est une abomination pour la majorité de nos autochtones du British Southern Cameroons. En clair, avec le fédéralisme, la République du Cameroun ne pourra plus être traduit devant les juridictions internationales sur le génocide dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest.

Qui vous soutient dans vos démarches guerrières pour la séparation ?

Plusieurs pays que je ne peux pas citer ici sont avec nous dans cette bataille juste pour l’indépendance du « British Southern Cameroons ». En dehors de ces pays, nos peuples autochtones du British Southern Cameroons nous soutiennent dans cette lutte. Nous ne pouvons pas citer leurs noms maintenant. C’est juste après le déploiement des forces internationales dans la zone sinistrée que les différentes nations vont officiellement faire des déclarations .Nous avons demandé une intervention militaire pour arrêter le bain de sang des deux côtés.

Ne voyez-vous pas que vous confirmez par vos démarches votre volonté de déstabiliser à tout et à tous les prix le Cameroun ? Seule l’Onu a le droit de décider d’une intervention militaire non ?

Bien sûr que selon les textes du droit international, seule l’Onu a ce droit. Mais comment voulez-vous rester avec la phrase « seule l’Onu », alors que la République du Cameroun a violé nos droits en restant sur les ressources du British Southern Cameroons dans l’illégalité ? C’est maintenant que vous parlez de l’ONU ? Vous vous moquez de qui ? Nous vous rappelons que la République du Cameroun ne reconnait pas l’Onu quand elle a colonisé le British Southern Cameroons. Maintenant que l’intervention militaire est en route, vous clamez l’accord préalable de l’Onu. De qui se moque-t-on monsieur le Journaliste ?

Pour vous, une intervention militaire internationale est-elle possible sans l’accord préalable de l’Onu ?

Oui. Ceci parce que la République du Cameroun a volé le British Southern Cameroons sans autorisation préalable de l’Onu. L’intervention militaire pour stopper le bain de sang des deux côtés n’a pas besoin de l’accord de l’Onu. Tous les différents groupes anglophones sont entrain de demander une intervention militaire internationale, notamment le groupe ADF du docteur Ayaba Cho Lucas, IG d’Ayuk Tabe avec son VP Yerima, IG du Dr Sako, Justice For The Peoples of British Southern Cameroons Unto Independance du Bar. Mbuton Bobga Harmony, SOCADEF du Dr Akwanga Ebenezer, MORISC DE Boh Herbert, Consortuim de John Mbah Akuroh, SCCOP de Milan Atam, ROA de Gorji Dinka…

Qui vous finance pour mener cette bataille ?

Les autochtones du British Southern Cameroons qui soutiennent leur indépendance ne sont pas les premiers sécessionnistes .C’est la République du Cameroun qui est le sécessionniste car c’est elle qui s’est retirée de l’Etat Fédéral en 1972 et validé en 1984, même en utilisant son même nom qu’elle a eu à l’indépendance en 1960 .Tout le monde soutient ces peuples dans le respect de la dignité humaine. Oui. Même certains ressortissants du Cameroun oriental soutiennent les séparatistes.

Que faire pour le retour définitif à la paix ?

Pour le retour à la paix dans l’espace fédéral, nous exigeons le retrait des militaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest.

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