Société

Au Cameroun, la liberté de la presse est fille de la liberté d’expression

La journée Mondiale de la liberté de la Presse de ce 3 Mai 2021 se célèbre sous le thème : l’information comme bien public.

La liberté de la Presse tout comme la liberté d’expression prend sa source dans l’article 19 de la » déclaration universelle des droits de l’homme » adoptée le 10 décembre 1948.

Le thème arrêté pour cette année  » l’information comme bien public vient » susciter le débats sur la nécessité de débattre sur les nouveaux défis qui se posent à la liberté de la presse , à la sécurité des journalistes et de travailler ensemble à l’identification des solutions que rencontrent la presse travers le monde. C’est la raison principale pour laquelle journalistes, membres de la société civile, autorités nationales, universitaires ainsi que le grand Public se sont réunis en Namibie du 29 Avril au 3 Mai à l’occasion de » la Conférence Mondiale de la liberté de la presse « .

Le Cameroun n’est donc pas loin de ce débat. Il est même important de rappeler que le Cameroun n’a pas attendu les recommandations adoptées lors de la 26 ème session de la conférence générale de l’UNESCO de 1991 sur laquelle s’était appuyé l’Assemblée générale des Nations unies pour faire du 3 Mai la journée Mondiale de la liberté de la Presse, pour accorder la liberté de la presse au Cameroun. Car le Président de la République S.E Paul Biya était en avance sur le temps avec la loi N° 90/053/19 décembre 1990 sur la liberté d’association au Cameroun, qui consacre par ailleurs la liberté d’expression au Cameroun.

Parti d’une presse privée existante dans le noir, le quotien le Messager né en 1979 en est l’illustration magistrale à l’ouverture après l’arrivée au pouvoir de l’homme du 6 Novembre 1982. La loi du 19 décembre 1990 est venu creuser un boulevard pour la liberté d’expression. À son tour scellé par la Constitution du 18 Janvier 1996 qui consacre la liberté d’expression et de presse au Cameroun. Nous allons pas refaire l’histoire de la liberté de la presse au Cameroun en revenant sur la libéralisation parachevée en 2004 et les abus dont sont victimes les journalistes dans l’exercice de leurs fonctions. Toute chose qui n’est pas une exclusivité Camerounaise mais universellement visible dans tous les pays de la planète, peut être à des dimensions relativement variables.

Chaque peuple a la presse qu’il Mérite. Et la presse de chaque pays est à l’image de la société dans laquelle elle vit. Au Cameroun, ils sont nombreux à confondre liberté à libertinage, liberté d’expression à liberté d’insulter sans représailles.

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Toujours est-il que la liberté de la presse au Cameroun est à encourager car elle sort de loin . Le nombre sans cesse croissant de journaux , de radios, de télévisions privéeset publiques et la démocratisation de l’information par l’entrée des médias sociaux au Cameroun sont entre autres éléments qui démontrent que » la liberté de la presse est fille du Renouveau. La surpolitisation de la Presse est à l’origine du visage triste qu’elle présente aujourd’hui. Même si Elle l’était déjà aux premières heures de la démocratie. Mais pas à ce niveau.

Au Cameroun la presse a plusieurs visages

:

A- La presse aux ordres;

Celle qui joue les Relais des ennemis du Cameroun de l’intérieur ou de l’extérieur. le Ministre de l’administration territoriale Monsieur Paul Atanga Nji avait d’ailleurs comparé cette dernière » aux vendeurs d’œufs qui cherchent la bagarre« .

Cette presse aux ordres a tourné le dos au journalisme pour la propagande politicienne et populiste.
Informer est le cadet de leurs soucis car le sensationnel ,le populisme et le Buzz sont des nouveaux critères sur lesquelles ils basent leur pertinence . Ces derniers sont plus à la chasse des vues, des likes et un nombre élevé de commentaires que préoccupés par les missions premières du journalisme :
1- Informer
2- former
3- divertir
4- assurer la réliance sociale.

B- La presse du ventre et du bas ventre

Le plus important pour cette presse c’est Manger, boire et assouvir certains plaisir primaires. Ont y retrouve la presse à gages, les presses de la rue des bars et la presse des salons de thé. Ils ne sortent que pour régler des comptes. Elle a plusieurs formes presse écrite quotidiens, hebdomadaires, mensuels et annuels leur périodicité importe peu. Les chaînes de radio et de télévisions hébergent certains sans oublier ceux qui sont présents dans les médias et réseaux sociaux. Ils sortent tous pour manger. Le respect de la déontologie, le droit à l’image, le respect de la dignité humaine et le respect de la loi n’est pas leur affaire. Ils comptent sur leurs syndicats pour appeler à leur libération quand sonne l’heure des comptes.

C- La presse républicaine

Elle est composée de journalistes Patriotes et professionnels, ces derniers ne parlent pas seulement de’ l’homme qui déchire la presse mais aussi du visage collé sur la presse qui est déchirée. Ils informent sur la raison pour laquelle cette presse a été déchirée ou doit être déchirée. Ils informent sur ce qui est fait par le gouvernement en faveur des populations. Ils n’informent pas seulement sur les trains qui arrivent en retard mais aussi sur les trains qui arrivent à l’heure, tout en donnant les raisons qui ont pu justifier le retard de l’un des trains. Ils remplissent encore les missions de la presses( informer, former, divertir et assurer la réliance sociale). Ils ne sont pas nombreux mais ils existent. Ce qu’il faut par contre déplorer ici c’est L’excès de zèle de certains qui les pousse parfois à relayer des contrevérités ou parfois à manipuler la vérité . Mais des faits négligeable et excusables. Contrairement à la presse aux ordres qui se retrouve très souvent en en relation incestueuse avec l’ennemi.

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Ce que Nous pouvons dire pour finir sur ce sujet est celui d’interpeller l’Etat et spécialement les organes de l’organisation et de l’encadrement de la presse, de clarifier la définition sur qui est ou peut être considéré comme journaliste au Cameroun? Car le Métier de journaliste au Cameroun aujourd’hui est pris d’assaut par ceux que j’appelle  » les évadés sociaux« . Les individus sans véritable clarification qui se retrouvent du fait de la misère ambiante propulsés dans la presse. La nécessité d’encadrement des groupes de presse qui doivent être transformés en véritable Entreprises de presse où les comptes de l’entreprise ne seront plus confondus à ceux du promoteur de l’entreprise de presse.

Il est important pour l’Etat de réguler ce secteur envahi par des patrons d’entreprises véreux qui ne payent ni les salaires encore moins des redevances sociales de leurs employés. Pendant que ces derniers tirent « le diable par la queue  » pendant que les patrons de presse se la coule douce et parfois leur niveau de vie contraste avec celui de leurs employés. Pour cela les cahiers comptables de ces entreprises de presse doivent afficher patte blanche et les comptes rassurés d’une certaine stabilité. Et enfin revoir à la hausse jusqu’à un niveau acceptable l’enveloppe allouée à la presse camerounaise. Car comme le dit le thème de cette année : l’information comme » bien public » cela signifie que la redevance audio visuel ne devrait plus être uniquement une exclusivité des seuls entreprises de presse public car les temps ont changé. Puis que « le bien public«  se définit comme » un bien Non excluable ou sens où on ne peut pas restreindre son accès et son utilisation rien qu’à ceux qui le finance.

Bonne fête de la responsabilité, de l’éveil patriotique et du professionnalisme de la Presse à la presse Camerounaise

Patrice Siméon MVOMO, Analyste socio politique

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