Au 31 mai 2016, le Cameroun a levé 511 milliards sur le marché financier

L’état du marché des capitaux affiche d’une manière générale dans la zone Cemac, une évolution dans la levée des fonds pour le financement de l’économie des Etats.
Même si le marché financier de la zone Cemac souffre encore pour l’instant d’un manque d’adhésion des entreprises, l’on constate toutefois une légère évolution du marché des capitaux dans la sous-région. La session ordinaire de la Cosumaf tenue le 14 juin 2016 à Libreville au Gabon a en effet révélé que la situation du marché des capitaux est marquée depuis quatre ans par une régularité de recours au marché par les Etats membres et les entreprises plus particulièrement pour le volet obligataire. « Cette évolution encourageante est à mettre en relation avec la nécessité de combler les besoins de financements des investissements des agents économiques créés par la baisse des cours des matières et les efforts d’informations sur les activités du marché entrepris par l’organe », explique les membres de la Cosumaf. Les chiffres sont d’ailleurs assez parlants. Au 31 mai 2016, la contribution du marché des capitaux au financement des économies de la zone Cemac, mesurée en termes de fonds levés, s’évalue à 2672,3 milliards de FCFA dont 517,72 milliards pour le marché financier régional, soit 19,37% du montant total ; 511,42 milliards pour le marché financier du Cameroun (soit 19,14%) et 1643,195 milliards pour le marché financier des titres publics à souscription libre, soit 61,5% du montant total. Dans cette évolution, le volet obligataire demeure le segment qui affiche le plus de dynamisme avec 2648 milliards de FCFA de fonds levés sur les trois marchés. « Le recours des Etats de la Cemac, pour un montant total de 2457,81 milliards de FCFA, pour ce mode de financement explique en grande partie l’importance de ce compartiment et constitue un indicateur pertinent à suivre pour le développement du marché des titres », explique la Cosumaf. Cependant, du côté des deux places boursières de la Cemac que sont la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) qui est régulée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Comusaf), et la Douala Stock Exchange (DSX) qui est gérée par la Commission des marchés financiers (CMF), les activités restent moribondes. Avec notamment un niveau de capitalisation très insuffisant pour stimuler la rentabilité des bourses. En fait, le compartiment action n’a enregistré aucune autre valeur nouvelle et ne compte que quatre sociétés listées sur les deux places. Le marché primaire a permis de mobiliser, en titre de capital, 24,24 milliards de FCFA sur les deux places boursières de la Cemac. La côte officielle de la DSX compte trois sociétés (Socapalm, SEMC et Safacam) avec une capitalisation boursière au 23 mai 2016 de 153,1 milliards de FCFA. Tandis que la Bvmac compte une seule société listée (la société agroindustrielle Siat Gabon) qui présente une capitalisation boursière au 31 mai 2016 de 113,1 milliards de FCFA pour un flottant de 5,8 milliards de FCFA. Il y a donc urgence de dynamiser le marché financier de la zone Cemac afin d’obtenir le même niveau de participation des entreprises que dans les autres régions d’Afrique. Notamment, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. S’agissant du marché des titres publics à souscription libre, le montant des fonds levés au 18 mai 2016 se situait à 1643,195 milliards FCFA. Soit 1334,095 milliards de FCFA en Bons du trésor assimilables (BTA) et 309,1 milliards de FCFA en Obligations du trésor assimilables (OTA).

Sandrine Gaingne

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