Le vice-Premier ministre a été interpellé sur cette question samedi dernier.Le garde des Sceaux ne s??est pas départi de son franc-parler habituel samedi dernier au cours de la plénière d??adoption de la loi portant création d??un Tribunal criminel spécial et celle modifiant et complétant certaines dispositions de la loi du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire. Face aux députés qui tenaient à savoir les circonstances et les mobiles de la démission de son désormais ancien ministre délégué, Maurice Kamto, Amadou Ali s??est fait relativement disert : «le 30 novembre 2011 [jour de la démission de Maurice
Kamto, ndlr], nous sommes allés ensemble au Conseil de cabinet [tenu dans les services du Premier ministre, ndlr]. J??ai ensuite convoqué une réunion au ministère [Minjustice] à 19h. il [Maurice Kamto] a débarqué à cette réunion à 21h et il a demandé à s??entretenir avec moi. Il m??a fait part de ses projets et je lui ai demandé ce qu??il comptait faire par la suite. Ce qu??il m??a dit, je pense que ce n??est pas le lieu ici d??évoquer cela. Mais j??ai été surpris qu??à 23h qu??un ami journaliste m??appelle pour me dire que Kamto a déposé dans toutes les rédactions la lettre de démission qu??il a transmise au chef de l??Etat».Le vice-Pm poursuit en indiquant que «sur les raisons de sa démission, je n??en sais absolument rien. Mais ce que je sais de lui, c??est que nous avons travaillé pendant près de 10 ans. Je l??ai en tout cas appelé [après sa démission], pour savoir s??il était toujours disposé à travailler sur le dossier Bakassi. Il m??a dit qu??il était entièrement d??accord pour le faire s??il est sollicité». Le ministre Amadou Ali bouclera sa réponse par une saillie dont lui seul détient le secret. «Vous savez que quand le président est réélu, le gouvernement attend aussi d??être changé. Je suis également dans cette attente. Mais la démission de Kamto n??est pas à inscrire dans ce registre».Le 30 novembre dernier, aussi spectaculairement qu??il y était entré le 8 décembre 2004, Maurice Kamto a signé sa démission du gouvernement. «J??ai l??honneur de porter à la connaissance du peuple camerounais ma décision de me retirer de mes fonctions de ministre délégué auprès du ministre de la Justice, à compter de ce jour, 30 novembre 2011. Cette décision n??est pas ??et ne saurait en aucune manière être interprétée comme- une remise en cause de l??issue de l??élection présidentielle du 09 novembre 2011 [lire 09 octobre 2011, ndlr] à laquelle je n??étais du reste pas candidat. J??entends continuer, autrement, à apporter ma modeste contribution à l??oeuvre exigeante, mais combien exaltante d??édification de l??avenir de notre cher et beau pays, le Cameroun, dans la paix et l??attachement aux valeurs et principes républicains». Les supputations continuent à prospérer sur les raisons de cette démission.




