Reportage dans ce coin de Nsimeyong qui voit grandir l??insécurité. Le rond point Damase au quartier Nsimeyong à Yaoundé, devient plus bruyant une fois la nuit tombée. L??ambiance est davantage mouvementée dès le début du week-end. Vendredi 21 août dernier, par exemple, à partir de 18 h, les quincailleries, très répandues ici, ont fermé les unes
après les autres. La chanson « Yélélé » du groupe X-maleya diffusée jusqu??ici tout bas, à la fois par « Ascenseur » et par « Point d??achèvement », les deux bars populaires du coin devient assourdissante. Les vendeurs de poisson et de viande à la braise se sont mis en place à l??angle des naissances de rues qui mènent l??une à la Maetur et l??autre à Simbock. L??air s??est chargé d??odeurs de pétrole et de « messep », « thym », céleri…. des condiments utilisés pour la préparation de grillades. Des colonnes de fumée blanche s??échappent des barbecues vers le ciel.Trois hommes installés à droite des « braiseurs » vendent des médicaments dans des caisses en bois. Devant eux, garés côte à côte sur le trottoir, environ trente mototaxis guettent les clients. Ces derniers sont généralement des travailleurs revenant du centre-ville.Aux alentours de 20h, le carrefour grouille de monde. Les bars s??emplissent. Des jeunes vont et viennent entre les motos qui man??uvrent et les taxis qui se garent un peu partout, créant de temps à autres des embouteillages. A 21 heures chez « Idriss kameni bar », des gens grisés par l??alcool ont repoussé tables et chaises pour danser au milieu de la salle au rythme d??un « bikutsi » très connu, et sous un jeu de lumière éblouissant. La plupart tiennent des bouteilles de bière à la main. Selon une serveuse, le bar réalise ses meilleures affaires en soirée et pendant le week-end. A l??extérieur, une jeune vendeuse de beignets, aidée par des enfants, commence à rassembler ses affaires afin de rentrer après le départ des derniers clients.Cependant, cette ambiance qui arrange les noctambules, ne semble pas plaire à tout le monde. Beaucoup y voient la cause de l??insécurité naissante dans le coin, notamment les braquages devenus récurrents dans le quartier. D??où l??urgence de l??implantation d??un poste de police à cet endroit, pensent certains. «Nous continuons d??attendre la réponse d??une requête faite dans ce sens aux autorités », indique une habitante du quartier.Dans le chapelet de requêtes des populations de Damase réunies en comité, figure aussi la viabilisation du quartier. « Damase est un axe stratégique qui permet de rallier directement l??axe lourd Yaoundé-Douala en évitant les zones embouteillées de la ville. Nous n??avons malheureusement pas de route. C??est l??une des raisons pour lesquelles tous les transports urbains n??y arrivent pas. Pourtant, le coin s??agrandit avec de nouveaux établissements, hôpitaux et de nouveaux quartiers », déplore une habitante du quartier.
David Ekeme (stagiaire)
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