Yaoundé I : ça se calme

Après les manifestations de mercredi, certains étudiants ont accepté les primes allouées par l??administration. Campus de Ngoa-Ekelle hier, il est 10h. Au portail principal, plusieurs personnes essayent de lire une affiche collée sur le mur. Le communiqué signé

du recteur annonce la reprise ce jeudi 4 juin, du paiement des gratifications aux étudiants ayant participé aux activités annexes des derniers Jeux universitaires. Selon le texte, lesdits paiements s??effectueront à la Direction des affaires financières (DAF). Devant ladite DAF, une vingtaine de policiers et gendarmes devisent. Il y a même des rires. Quelques étudiants entrent et sortent. L??un d??eux explique : « J??étais steward. On a recommencé à nous payer ce matin. 15.000 F comme hier. Je ne sais pas pour ce qui est des gars de la parade. En tout cas, leur paiement est prévu au sous-sol ». Un autre étudiant en remonte, tout sourire. « J??ai reçu mes 7.000 F. Mercredi, les gars avaient leurs problèmes et ils voulaient entraîner tout le monde. Il faut voir en bas, il y a une longue file et chacun sait qu??il attend 7.000 F». En réalité, sans le déploiement des forces de l??ordre sur le campus, on croirait le calme revenu. En effet, des policiers sont postés à l??entrée du rectorat. Personne n??a le droit de s??y arrêter, encore moins d??y entrer. Mais à quelques mètres de là, face à l??amphi 300, une centaine d??étudiants sont rassemblés. Quelques-uns confectionnent des pancartes: « Notre argent, 25.000 et non 7.000 F » ; « Halte au mépris des étudiants » etc. Peu à peu, la foule qui s??agrandit se déporte du côté de la DAF. Parmi les manifestants, certains leaders de l??Association de défense des droits des étudiants du Cameroun (ADDEC). Le censeur n°1, Temenou Tiolo, explique : « nous n??avons pas l??intention d??être violents. La preuve, les gars sont restés là hier jusqu??à 5h30 sans brutaliser quiconque. Nous voulions juste rencontrer le recteur qui a préféré passer la nuit dans son bureau». Au niveau de la DAF, où les « mécontents» se sont déportés, des étudiants continuent à toucher. « Ce sont des traîtres. Ils oublient qu??il a fallu protester pour que l??administration se décide à débloquer les miettes qu??ils perçoivent », regrette l??un des manifestants. Du côté de l??administration, personne ne veut se prononcer sur le problème. Sous anonymat, l??un des responsables explique que les listes des membres des commissions avaient été gonflées, d??où le problème de fonds. Par ailleurs, aucun texte officiel ne définit le montant des paiements de leurs prestations. Et selon un autre responsable de l??université, « le communiqué du recteur faisait appel aux étudiants volontaires pour ces activités. Le paiement en réalité c??est une gratification». Pour ce qui est de la disparité desdites gratifications, les responsables expliquent que les participants à la parade ont gardé leurs équipements. C??est pourquoi ils perçoivent moins que les autres. Mais du côté des manifestants, l??on est catégorique. Promesse leur a été faite dans les différentes commissions, qu??ils recevraient au moins 20.000 F de per diem.
Félicité BAHANE N., Cameroun Tribune

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