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Yaoundé : Deux hommes perdent leurs maisons

Joe Chébonkeng et le vieux Ebode sont victimes des casses au quartier Emana.Les habitants du quartier Emana à Yaoundé, au lieudit « container », ont été tirés du sommeil vendredi dernier par le vrombissement d??un caterpillar. Alors que certains se préparaient à vaquer à leurs occupations, ils ont été surpris par une invasion de gros bras qui ont investis leurs domiciles, leur intimant l??ordre de vider les lieux au plus vite. «C??est ma fille qui est venue me réveiller vers six heures en me disant maman on casse déjà», indique une victime. C??est la panique. On sécurise ce

qu??on peut. Dans la précipitation, des infortunés sollicitent le secours des gros bras qui, au passage, profitent, selon des témoignages de victimes, pour les soulager de quelques effets parmi lesquels des téléphones portables et de l??argent.«Dites à vos amis de me rembourser mon porte-monnaie et mon téléphone», s??écrie une jeune dame à un policier.Pendant ce temps, les personnes domiciliées aux abords de la chaussée vivent les derniers instants de leur habitation. L??engin ravage tout sur un périmètre d??environ 100 mètres. Des cases sont éventrées, les câbles d??électricité et de téléphone sont sectionnés, des compteurs d??eau détruits, sans compter la destruction des effets appartenant à certaines victimes, sous l????il vigilant de la police anti-émeute qui assurait la sécurité des opérations. Dans le désarroi, un habitant filme la démolition de son domicile à l??aide d??un appareil photo. Ce qui va causer des échauffourées entre la victime et un policier qui n??admet pas qu??on filme les démolitions.Dans la folie destructrice de l??engin amené par Me Evariste Tchoung, huissier de justice à Yaoundé, représentant Jean-Pierre Folefack, propriétaire du terrain, des maisons d??innocents sont aussi détruites. C??est ainsi que Joe Chebonkeng, journaliste en service à la Crtv, voit sa maison rasée, tandis que le vieux Ebode, autochtone du coin, voit sa case se réduire en tas de gravas. Ce qui contraint sa famille à demander l??asile chez des proches depuis trois jours. Pour Joe Chebonkeng cette destruction a été constatée par un huissier de justice.Aussi a-t-il engagé des poursuites judiciaires contre Jean-Pierre Folefack, pendant que des voleurs qui avaient pris pour cible ses effets, séjournent depuis hier à la brigade de recherche du lac.D??après des témoignages recueillis sur place, la démolition des maisons d??une partie du quartier Emana est due à l??hypothèque du titre foncier de cette parcelle auprès d??une banque de la place par Mme Agnès Ndi, l??ancienne propriétaire, dans les années 1970. Après cette hypothèque, la propriétaire s??est établie à Nkozoa dans la périphérie Nord de Yaoundé. C??est ainsi que des personnes se sont installées sur le terrain non sans opérer des ventes et procéder à des immatriculations parallèles. «Des gens ont acheté et immatriculé leurs parcelles sans savoir qu??il y avait déjà un titre foncier à cet endroit», souligne un habitant du quartier. L??affaire, rappelle des témoins, dure depuis près d??une dizaine d??années au tribunal. Si certains avouent avoir été avertis de l??imminence d??une destruction des maisons présentes sur le site, d??autres nient toute notification. Cependant, il reste que beaucoup de gens ne comprennent toujours pas comment Jean-Pierre Folefack qui se présente aujourd??hui comme le propriétaire du terrain, l??est devenu étant entendu que c??est une banque qui en était détentrice du titre foncier.Pierre Célestin Atangana, Mutations

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