Le président chinois Xi Jinping est arrivé lundi en Corée du Nord pour une visite officielle de deux jours. C’est la première fois qu’un chef d’État chinois foule le sol nord-coréen depuis 2019, soit environ sept ans de froideur diplomatique entre les deux voisins. Le timing n’est pas anodin : la visite intervient quelques semaines après les déplacements de Donald Trump à Pékin et de Vladimir Poutine en Chine.
Deux jours, un message politique fort
Pyongyang a reçu Xi Jinping avec les égards réservés aux alliés stratégiques. Lors de sa rencontre avec Kim Jong-un, le dirigeant chinois a exprimé le souhait de porter les relations entre les deux pays vers « de nouveaux sommets », selon ses propres termes rapportés dans la presse d’État. Il a aussi évoqué le renforcement de la coopération dans les domaines du commerce, de l’agriculture et des nouvelles technologies.
Mais c’est la dimension symbolique qui retient l’attention. Cette visite marque le 65e anniversaire de la signature du Traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle entre Pyongyang et Pékin. Un traité vieux d’une soixantaine d’années, remis en avant au moment où les grandes puissances repositionnent leurs alliances.
Xi Jinping a par ailleurs confirmé la reprise en 2026 des liaisons ferroviaires directes entre les deux pays, suspendues depuis la pandémie de Covid-19, et le retour des vols directs d’Air China. Des signaux concrets, pas seulement protocolaires.
Pourquoi maintenant, et pour quoi faire ?
La question mérite d’être posée. Après des années de mise à distance liée aux sanctions internationales et à l’isolement choisi par Pyongyang, Pékin relance le lien. Kim Jong-un, de son côté, a dit considérer le renforcement des relations avec la Chine comme « une priorité stratégique absolue ». Le ton est volontairement fort.
Rien ne confirme à ce stade si ce rapprochement se traduira par un assouplissement des positions nord-coréennes sur le dossier nucléaire, ou s’il s’agit avant tout d’un repositionnement géopolitique face à Washington. Les deux lectures coexistent.
Ce qui est certain, c’est que la visite de Xi Jinping reconfigure légèrement l’échiquier en Asie du Nord-Est. Pour les pays africains et le Cameroun, qui entretiennent des liens économiques croissants avec Pékin, la stabilité ou l’instabilité de cette zone a des répercussions indirectes sur les équilibres commerciaux mondiaux. Pas immédiatement, mais le mouvement est là.
C’est un signal que peu d’observateurs avaient anticipé avec cette intensité.
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Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.
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