Vision 4 obtient gain de cause devant la justice, au moins pour l’instant. Le Tribunal Administratif du Centre a ordonné ce 1er octobre 2026 le sursis à exécution de la décision du Conseil National de la Communication qui frappait la chaîne et deux de ses responsables. Une ordonnance signée dans l’urgence, signifiée par huissier le jour même. Le genre de rebondissement qui fait dire à un confrère en salle de rédaction : « Ça, c’était pas prévu dans le planning du CNC. »
Ce que dit l’ordonnance
Tout part d’une décision du CNC datée du 18 août 2026, la n°000229, visant Philippe Boni Menyene, Directeur Général des Médias du Groupe l’Anecdote, et Thaddée Martial Owona, journaliste à Vision 4. Les deux hommes, assistés de Maître Agnès Felina Njambe, ont saisi le Tribunal Administratif du Centre pour contester cette sanction.
La Présidente du tribunal a tranché le 1er octobre. Sa requête est jugée recevable et justifiée. Résultat : la décision du CNC est suspendue, le temps que l’affaire soit examinée sur le fond.
L’ordonnance a été signifiée le jour même, à 16 heures, par l’huissier Sylvain Bernard Foumane Fam, au siège du CNC à Bastos, ainsi qu’à Canal+ Cameroun et à la société Amos Swecom. Trois acteurs directement concernés par la diffusion du signal de la chaîne.
Le texte rappelle, article 31 alinéa 2 de la loi de 2006 sur les tribunaux administratifs à l’appui, que l’effet de la décision attaquée est suspendu dès réception de cette signification. Autrement dit, dès ce moment-là, le CNC ne pouvait plus se prévaloir de sa sanction initiale.
Une nouvelle décision arrive le lendemain
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le 29 septembre, soit avant même cette ordonnance, le CNC avait déjà pris une autre décision, la n°000230, prononçant cette fois la suspension temporaire pure et simple de la chaîne Vision 4, pour « violations des dispositions législatives et réglementaires » et « défiance de l’autorité » de l’organe de régulation.
Un deuxième exploit a donc été notifié le 1er octobre également, signalant le dépôt d’une requête en sursis à exécution contre cette nouvelle sanction, cette fois devant le Greffier en Chef du Tribunal Administratif. Le signal est clair : le bras de fer entre Vision 4 et le CNC ne se joue plus seulement sur le papier administratif, il se transporte maintenant devant les juges, décision après décision.
Difficile de ne pas y voir une guerre de procédures où chaque camp avance ses pièces. Le CNC sanctionne, la chaîne conteste, le tribunal suspend, et le régulateur revient avec une sanction plus lourde encore. On ne sait pas encore comment le fond de l’affaire sera tranché.
L’audience sur le fond déterminera si le CNC avait réellement motif à sanctionner Vision 4. En attendant, la chaîne respire, provisoirement.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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