Economie

Vie chère au Cameroun : Faire les achats en groupe pour s’en sortir

Madeleine Noumaleu s’associe à d’autres, pour acheter les denrées alimentaires au prix de gros.

Plusieurs mois déjà et toujours aucun changement. Les prix des vivres ne cessent de grimper. Certains produits de première nécessité sont rares et très coûteux. Dans les familles, certaines habitudes ont changé, les mères de famille doivent réfléchir longuement avant de faire les achats, de peur que l’argent soit insuffisant. Madeleine Noumaleu réside depuis peu à Akak, un quartier situé à la sortie de la ville et encore en pleine construction. Elle s’y est installée en novembre dernier avec ses trois enfants et son mari. « Avant, j’habitais au quartier Nkolbikok.

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Faire les achats était aisé pour moi, je pouvais me rendre au marché Mokolo à tout moment et avoir ce que je voulais », affirme –t-elle. Les choses ont changé, la jeune dame a développé une organisation rigoureuse pour faire ses achats. « Imaginez-vous dépenser la somme de 800 Fcfa aller et retour juste pour se rendre au marché acheter un seul aliment ? », nous interroge-t-elle. Cette femme au foyer a dû changer complètement ses habitudes et sa façon de faire les achats. « Avec quatre amis, je fais une cotisation en fonction de nos besoins communs. Cette cotisation nous permet d’acheter les choses au prix de gros. Nous allons au marché ensemble, nous achetons ce dont nous avons besoin et ensuite nous faisons le partage », confie-t-elle. Cette méthode à laquelle nombreuses n’ont pas pensé, lui permet d’assurer les trois repas quotidiens de ses enfants.
C’est son mari Edgard Noumaleu, qui est, comme elle le laisse entendre, « le bailleur de fonds ».

Cet homme qui autrefois se contentait d’être le conducteur de moto, est également aujourd’hui agriculteur et maçon. « L’argent que je gagne en faisant la moto ne peut plus nous suffire, je suis obligé de me battre plus pour subvenir à nos besoins. Vous-mêmes vous voyez les couches du bébé séchées là-bas, il lui faut le lait », dit-il. Edgard fait tout pour que sa famille puisse survivre avec cette hausse élevée des prix. Il est passé de 3000 Fcfa d’argent de ration de deux jours à 10 000 Fcfa pour la semaine. « Je n’écoutais pas les plaintes de ma femme lorsqu’elle me disait ne pas s’en sortir en faisant le marché chaque jour, jusqu’à ce qu’un jour je veuille rentrer à la maison avec du riz, et à ma grande surprise, le kilo était passé de 400 à 600 Fcfa », se rappelle-t-il en tapant des mains.

Orlan, son fils cadet de 8 ans , s’est aussi lancé dans le commerce ambulant du maïs. Pour lui, rester à la maison pendant les vacances et ne manger que trois fois par jour est insuffisant ; il préfère aller vendre le maïs qu’il ceuille dans le champ familial et fait bouillir. « Mama ne le voit peut-être pas , mais le plat de nourriture qu’on nous sert est déjà petit et elle nous interdit de nous servir dans la marmite comme avant », se désole-t-il.

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