Viande de bœuf à Yaoundé : les prix s’envolent malgré les tarifs officiels

Viande de bœuf Yaoundé – boucher découpe viande marché Mfoundi

Sur le marché du Mfoundi à Yaoundé, le kilogramme de viande de bœuf sans os se négocie entre 3800 et 4000 francs CFA. Le tarif homologué, lui, est fixé à 3500 F. Le prix officiel existe sur le papier, dans la réalité c’est une autre histoire. Derrière cet écart, une chaîne de difficultés qui remonte jusqu’aux pâturages de l’Adamaoua et aux marchés à bétail de Ngaoundéré.

Une hausse qui dure depuis quatre à cinq mois

Ibrahim Abdoulaye, éleveur joint par téléphone depuis Ngaoundéré, ne cache pas la situation. Depuis environ quatre à cinq mois, les prix du bétail ont fortement progressé. Un bœuf se vend aujourd’hui entre 220 000 et un million de francs, contre 550 000 F en moyenne auparavant. Un veau qui a cessé d’être allaité et qui est autonome atteint 220 000 F. « Plusieurs éleveurs changent de métier à cause des preneurs d’otages et des contraintes liées à l’élevage », affirme-t-il, évoquant la raréfaction du bétail dans le grand Nord, principal bassin d’élevage bovin du Cameroun.

Le prix du sac de tourteau est passé de 8000 F à 13 000 F. Une hausse de l’alimentation animale qui s’ajoute à tout le reste.

Du côté des bouchers, certains réduisent les quantités servies plutôt que d’afficher ouvertement une majoration. D’autres vendent franchement à 3800 F, voire 4000 F le kilo, « pour ne pas avoir de pertes », selon Moussa Baba, commerçant au marché du Mfoundi. Le kg avec os, officiellement à 3000 F, grimpe lui aussi.

L’État surveille, les consommateurs s’adaptent

En 2025, la production nationale de viande de bœuf s’établissait à 68 902 tonnes, en baisse de 25 398 tonnes par rapport à 2024 où le volume atteignait 94 300 tonnes. Le chiffre fait mal, et il explique en partie pourquoi les étals sont moins fournis.

Plusieurs ménages de Yaoundé ont développé leurs propres stratégies. Barbara Mengue, cliente à la boucherie de la Sodepa, opte pour des achats groupés pour obtenir le kg sans os à 3200 F dans certains marchés. « Au moins je suis sûre que les prix sont respectés », dit-elle.

La délégation régionale du ministère du Commerce pour le Centre affirme avoir pris la mesure de la situation et veiller au respect des prix homologués. Pourtant, sur le terrain, personne ne s’y est vraiment opposé à ces dépassements qui durent depuis des mois.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com

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