A l??issue du congrès tenu les 18 et 19 février 2012, le ministre du tourisme et des loisirs a été reconduit à la tête du parti politique qu??il dirige depuis 20 ans.Les choses, qui se sont déroulées très rapidement au palis des congrès de Yaoundé, n??auront pas livré un grand suspense. Seul candidat à sa succession, c??est finalement par acclamation que le président a été reconduit. «C??est une marque de confiance au vu des querelles qui ont animé le parti avant les dernières élections présidentielles », commente un militant.
C??est surtout, une démonstration de plus de la domination que ce fils peul du Nord exerce sur ce parti dont il participa à créer en 1991, avant d??en occuper la tête un an plus tard.25 mai 1990, Bello Bouba Maïgari annonce, depuis Paris, la création d??un parti politique dénommé Union nationale pour la démocratie et le progrès au Cameroun (Undpc). Le vent de la libéralisation politique aidant, le parti est légalisé le 17 août 1991. Le fils de Basheo, dans le département de la Bénoué, rentre alors au Cameroun et prend, le 5 janvier 1992, la tête de cette formation politique. Il est élu député à l??Assemblée nationale lors des élections législatives qui interviennent la même année. Ce qui marque son grand retour sur la scène politique, depuis son exil forcé alors qu??il venait d??être limogé de son poste de Premier Ministre en 1983. Auparavant, il avait occupé les postes de Secrétaire général au ministère des forces armées, de Secrétaire général adjoint de la présidence de la République et de ministre d??Etat chargé de l??Economie et du Plan. Certains voient alors en lui le successeur de l??ancien président et mentor d??Ahmadou Ahidjo. Mais sa brouille avec le successeur constitutionnel, Paul Biya, lui vaut d??être éloigné des délices du pouvoir. Il y revient en décembre 1997 lorsqu??il est nommé ministre du développement industriel et commercial.Rebaptisé en 1992 Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), le parti est devenu une force qui compte dans le paysage politique. Une plateforme signée en 1997 avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir, lui vaut une présence assidue au gouvernement depuis cette date. Il a annoncé que son parti concourrait aux prochaines élections municipales et législatives. Non plus pour soutenir son allié comme ce fut le cas lors de la présidentielle 2011, mais pour tenter au moins de conserver ses 6 députés, 11 mairies et 475 autres conseillers municipaux dans les communes où il ne gère pas l??exécutif. Même s??est enfermé dans un mutisme qui étonne et ne manque pas d??agacer son propre camp, il reste capable de coups d??éclats spectaculaires. Sa dernière prise l??illustre bien : il vient de convaincre Saidou Maidadi, ex 1er vice-président du Social democratic front (Sdf) et ancien président et secrétaire général de la non moins rivale Alliance des forces progressistes (Afp).




