Vingt-deux kilomètres, 28 stations, 52 bus articulés électriques. Le maire de Yaoundé, Luc Messi Atangana, a lancé hier la phase préparatoire complémentaire du TransYaoundé, le futur Bus Rapid Transit qui doit relier Olembé à Ahala II. Mise en service annoncée pour 2031, dans un contexte où le temps de parcours dans la capitale devrait augmenter de 44% d’ici 2035 sans intervention.
Un chantier qui s’étire sur douze ans
Les études préliminaires ont démarré en 2023. La phase préparatoire complémentaire, elle, vient seulement de commencer, cette année. Le calendrier est long, très long, l’avant-projet détaillé est prévu pour 2027, les travaux d’infrastructures pour 2029, pour une mise en service commerciale en 2031.
Le corridor Nord-Sud, qualifié de prioritaire, doit desservir Olembé à l’entrée Nord jusqu’à Ahala II, dans l’arrondissement de Yaoundé III. Alioum Thiam, assistant à la maîtrise d’ouvrage, a rappelé que ce type de projet « nécessite l’implication de toutes les parties prenantes », institutions, ministères, transporteurs, populations. Il a aussi évoqué des expropriations à venir pour libérer l’espace nécessaire aux infrastructures.
Le chiffre fait mal quand on le met en perspective. Le TransYaoundé doit transporter 43 000 passagers par jour dès sa mise en service, puis 110 000 par jour à terme. La vitesse commerciale passerait de 20 km/h actuellement, en circulation mixte, à 50 km/h en site propre, soit 40% de temps de trajet économisé sur l’axe.
Cofinancement européen, attentes locales
Le projet est cofinancé par l’Union européenne et l’Agence française de développement. Une fréquence de passage de trois à quatre minutes en heure de pointe est annoncée, ce qui suppose une organisation logistique assez lourde pour une ville où les embouteillages aux portes d’Olembé et d’Ahala sont devenus un classique du quotidien.
Le maire a insisté sur l’idée que « ce système va faciliter le déplacement des populations ». Une déclaration qui sonne bien, mais qui devra résister à l’épreuve du temps, sept ans avant la mise en service effective, c’est long pour des habitants qui perdent déjà un temps fou dans les taxis bondés.
Le réaménagement du dépôt de Bata-Nlongkak fait aussi partie du paquet, avec un système moderne d’aide à l’exploitation et d’information des voyageurs. On ne sait pas encore comment la ville gérera la période de transition, sept années de travaux et de concertation, sans doute quelques perturbations de circulation supplémentaires avant l’amélioration promise.
La phase préparatoire est lancée, les délais sont fixés. Reste à voir si Yaoundé tiendra le calendrier jusqu’en 2031.
Ne manquez aucune actualite !
Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
📰 Voir tous ses articles →



