Transport aérien : Quand on ira au village en avion

Dans un contexte difficile, les compagnies africaines ont du mal à s??investir dans les vols domestiques. L??expérience marocaine ouvre des pistes.Le séminaire sur le transport aérien régional en Afrique a permis aux experts, journalistes et politiques, de toucher du doigt une question importante pour le développement du transport aérien en Afrique : le problème des vols domestiques. Souvent accrochés comme des boulets aux liaisons internationales, à l??exemple de l??ex-Camair au Cameroun, les vols domestiques ont souvent fini par devenir un caillou dans la chaussure des responsables de compagnies africaines. Avec

comme conséquence, une qualité de service des plus déplorables (horaires non respectés, tarifs élevés, clients relégués au second plan??), conséquence de la dépendance vis-à-vis des vols internationaux.Pourtant, à en croire les participants au séminaire de Marrakech, il n??est pas question d??abandonner ce pan important de l??activité du transport aérien. C??est clair, la faible densité de la population sur un continent pourtant vaste pose un problème de rentabilité aux compagnies. Le marché est loin d??avoir atteint sa maturité, le pouvoir d??achat des populations est faible, et l??habitude de l??avion est très peu développée. Mais face au vide créé par l??insuffisance des routes dans la plupart des pays, l??avion devient une nécessité. Comme l??a relevé Karim Ghellab, ministre marocain des Transports et de l??Equipement, les Etats sont obligés de s??impliquer pour favoriser l??essor des lignes internes, présentés à Marrakech comme un véritable outil de désenclavement.Concrètement, l??expérience marocaine a été présentée par Driss Benhima, le PDG de Royal Air Maroc (RAM). Pour régler le problème, la compagnie a créé une filiale dédiée au transport domestique et régional. La RAM Express compagnie en bonne et due forme a été mise sur pied. Elle possède sa flotte dédiée, pratique des tarifs « low coast » grâce au concours de l??Etat marocain avec qui elle est liée par un contrat-programme. RAM Express bénéfice ainsi d??une exonération totale des taxes aéroportuaires, qui lui permet de s??autoriser une baisse de 40 à 50% sur le coût du billet d??avion. En retour, l??Etat est particulièrement regardant sur les questions de sécurité de ces vols, le traitement du personnel, les infrastructures et la maintenance.Les participants au séminaire de Marrakech, le deuxième du genre organisé par la RAM, ont reconnu le grand intérêt de cette expérience. Il faut dire qu??il y avait là-bas, des sommités du monde de l??aviation venus du monde entier. Grand brainstorming donc, et aubaine pour l??Afrique. Pour l??heure, le continent ne représente que 3% du transport aérien mondial. Moins de 150.000 africains prennent l??avion, mais avec son milliard d??habitants, l??Afrique constitue un potentiel immense pour le développement du secteur. Royal Air Maroc, numéro un dans le Maghreb arabe et en Afrique occidentale, semble donc disposé à profiter de son leadership pour faire partager sa vision. Une philosophie qui tourne globalement autour d??une certaine idée du tourisme, d??une option d??ouverture du ciel à la concurrence, d??une baisse des coûts et d??une multiplication des fréquences de vols. En marge du séminaire, les participants ont visité le salon international des industries et services aéronautiques au Maroc, baptisé Aéro Expo Marrakech. Un bel échantillon des dernières audaces de la technologie.
Yves ATANGA, CT

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