Terrorisme: Un membre fondateur de Boko Haram arrêté

Sheik Bukar Al Barnawi capturé, Shekau court toujours. Boko Haram vient de perdre le n° 5 de son commandement.
Mais les insurgés menacent toujours le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger. Les autorités nigérianes sont formelles. 237online.com Sheik Bukar Al Barnawi est aux arrêts. Il aurait été interpellé le 2 avril 2016 par des agents de sécurité à Lokoja, capitale de l’Etat de Kogi, dans la région centrale du Nigeria. La localité en question est aux portes de la capitale Abuja. Les circonstances de l’arrestation d’Al Barnawi restent encore floues. Des médias occidentaux disent de lui qu’il était leader du groupe Ansaru, dissident de Boko Haram. Ce que réfutent tous les spécialistes du groupe djihadiste qui sévit au Nord-Est du Nigeria. Et pour cause, Sheik Bukar Al Barnawi combattait bel et bien aux côtés d’Abubakar Shekau, chef du mouvement insurrectionnel dont il était le 5ème membre du commandement, malgré des divergences idéologique. Courant novembre 2014. Les services de sécurité du Nigéria ont saisi les autorités d’Abuja de la présence de Sheik Bukar Al Barnawi, dans la composante combattante du groupe Boko Haram. Une information qui remet en question toute la compréhension du mode opératoire des insurgés. Avant novembre 2014, les forces de sécurité disaient de lui qu’il était en conflit avec Abubakar Shekau, et menait des raids ciblés contre des médias locaux du Nigeria, en plus des enlèvements d’étranger dont il avait prétendument l’habitude. Commence alors une nouvelle campagne de recherches, en vue de localiser le chef d’Ansaru, dans les localités où Boko Haram gagne du terrain. Mais plusieurs sources sécuritaires concordantes affirment déjà que Barnawi est à la tête d’un dispositif opérationnel des djihadistes. « Il est le maître de Bama », confiait en août 2015, un officiel nigérian au Jour. 237online.com En effet, courant août 2015, le chef de l’Etat tchadien, Idriss Deby annonce la mort d’Abubakar Shekau, ainsi que son remplacement supposé par un certain Mahamat Daoud. Pour réfuter la thèse de la prise du contrôle de « Boko Haram » par Mahamat Daoud, même au cas où Aboubakar Shekau serait mort, les spécialistes se sont alors appuyés principalement sur le rôle prépondérant de Sheik Bukar Al Barnawi au sein du haut commandement de ce groupe dont il était le 5ème membre de la Choura. Le Jour apprend à ce moment précis, en aout 2015, que depuis février 2015, Barnawi, alias Omar Bukar, né en 1976 à Maïduguri, assure le commandement général de « Boko Haram » à partir des camps d’entraînement dans la forêt de Sambisa. Lors de l’exfiltration d’Aboubakar Shekau de Madagali pour Sambisa, Bukar Al Barnawi, ex-maître de Bama, était en ompagnie de son frère Usman Bukar. Ce natif de Maïduguri est un criminel professionnel.

Un passif lourd
Membre-fondateur de « Boko Haram » avec Mohamed Yusuf, Omar Boukar est un compagnon fidèle de Shekau. En 1999, il a appris le droit islamique, en même temps que Shekau et As Sudani. Son excès d’appétit pour les femmes lui vaut des inimitiés avec ses compagnons terroristes, même s’il est un polygame endurci avec une nombreuse progéniture. Le Jour a appris qu’Omar Boukar était en campement Sheik Bukar Al Barnawi en lunettes et Usman Bukar aĬdroite. près du parc de Waza, après un séjour à Banki-junction. 237online.com Aussi lui prête-t-on une implication dans l’attaque de Waza le 16 mai 2014, soldée par levol de plusieurs tonnes de dynamites. La cargaison d’explosifs emportée à Waza a-t-elle atterri en zone contrôlée par Boukar ? Difficile de répondre. Mais les services nigérians croient savoir que le 5ème membre de la Choura de « Boko Haram » en est le principal artificier. Avec sa capture, on en saura peut-être un peu plus. En attendant, Le Jour a ressorti, pour mémoire, des informations Abu Usamah exclusives publiées en 2015, sur les hommes et le commandement de Boko Haram (Choura), à commencer par son chef, Aboubakar Shekau. Surtout en raison de la publication récente d’une vidéo d’Abubakar Shekau dans laquelle il affirme vouloir se rendre, « parce que sa fin est proche ». Les journalistes travaillant sur la crise sécuritaire aux frontières septentrionales du Cameroun et du Nigéria n’ont jamais cru à la nouvelle de la mort de Shekau. Entre septembre 2014 et début février 2015, des témoins avaient signalé la présence de Shekau, 1er membre de la Choura, dans la zone de Dikwa, puis Gambarou et finalement Madagali, au Nord-Est du Nigéria. Dans la savane arbustive et sur les montagnes de roches à perte de vue, avec la disparition de l’Etat central nigérian, et la déroute des troupes de la 7ème division de l’armée de terre basée à Maïduguri, il a étaient bien difficile de localiser « Comrade Umate », comme l’appellent ses plus proches lieutenants. Le chef terroriste qui dispose d’au moins trois sosies, se déplace tout le temps. « Il est un peu dérangé mentalement, il boit du sang et il a une mémoire très courte », indiquait aux confrères nigérians un ancien membre de la secte, repenti. La dernière apparition publique de Shekau au Nigéria remonte à mi-décembre 2014. C’est ce que rapportent des villageois de Madagali, sans plus. Ils avaient l’habitude de voir passer un convoi de véhicules, « les après-midi », en direction d’une maison quelconque, au toit bleu. Des soldats camerounais avaient confié au reporter du Jour, en janvier et février 2015, qu’ils avaient connaissance « de mouvements suspects en contre-bas de Mabass ». Les convois dont parlent les témoins nigérians ont souvent essuyé des tirs camerounais, « de loin ». Les tirs en question auraient-ils fait des victimes, dont le chef de « Boko Haram » ? Des officiels camerounais répondaient par l’affirmative. Du moins, jusqu’en février 2015. Mais selon nos informations, « Aboubakar Shekau a été exfiltré de Madagali entre le 10 et le 27 février 2015 ». La source sécuritaire nigériane qui l’affirme confie que cette exfiltration de Shekau a été conduite par Omar Bukar (C’est-à-dire Al Barnawi), 5ème membre de la Choura. Destination du chef terroriste : les maquis de la forêt de Sambisa. Les autorités nigérianes, convaincues de la présence de Shekau à Sambisa, ont depuis lors renforcé les premières lignes du dispositif sécuritaire, avec notamment la 1ère division basée à Kaduna où le général de division Osuji avait cédé sa place au général de division Oyebade. Au même moment, la base de la 3éme division à l’Etat du Plateau à Joss a vu l’arrivée du général de division Umaru, dans la foulée du transfert du commandement intégré de la lutte contre Boko Haram à Maiduguri, ordonné par le président Buhari.

Abu Usamah Al Ansari
De tous les 10 membres de la Choura de « Boko Haram » dont il est le 2ème membre, Abu Usamah Al Ansari, est le seul connu des milieux sécuritaires comme spécialiste du grand terrorisme. A partir de décembre 2014, c’est lui qui avait pris le contrôle des opérations dans la zone de Bama au Nigéria. Il y a rasé des villages entiers, mettant le feu à tout. Ce spécialiste du viol et des égorgements de sang froid connait des hauts et des bas auprès d’Aboubakar Shekau, avec qui il a étudié le droit islamique au Soudan en 1999. Abu Usamah Al Ansari de son vrai nom Cheik Mahmoud Issa, né en 1974 dans l’Etat de Jalingo, était à la création de Boko Haram avec Mohamed Yusuf, tué en 2009 par les forces nigérianes. Il est le chef d’une katiba puissante et meurtrière, dénommée « Ansarul Muslima ». C’est cette même Katiba qui est prétendument dirigée par Al Barnawi, selon les médias occidentaux. Abu Usamah Al Ansari est un terroriste des temps modernes, formé au maniement et à la fabrication des explosifs. Plusieurs sources concordantes disent de lui qu’il a fait tuer certaines de ses victimes par son épouse, Haja Amina. Abu usamah Al Ansari a souvent combattu aux côtés de ses trois enfants, notamment lors des batailles de Dikwa et lors des tentatives de prise de Maïduguri par « Boko Haram ». Ce terroriste a l’avantage de s’exprimer couramment en trois langues : anglais, arabe et haoussa. Aussi est-il proche des combattants étrangers dans les rangs des insurgés. El Bechir Ali La première enquête du Jour précédemment publiée, s’est particulièrement intéressée à un certain El Bechir Ali alias Abu Musa Aljaali As Sudan, 4ème membre de la Choura, connu aussi dans les rangs de Boko Haram comme « Abu Abdallah ». Lors de l’attaque de la ville de Fotokol le 3 février 2015, les habitants avaient noté la violence des tirs ennemis, ainsi que la volonté des assaillants de supprimer toute vie dans cette ville camerounaise. Profitant de la brèche ouverte sur le pont El Beid, en faveur des forces tchadiennes, des combattants lourdement armés avaient brulé et pillé, faisant de nombreux morts et blessés. Six mois après, Le Jour a appris de plusieurs sources sécuritaires et civiles que « Abu Abdallah » était le commanditaire de cette expédition punitive. El Bechir Ali est le plus soudanais de tous les insurgés. En effet, il est né le 3 avril 1977 à Omdurman au Soudan. Commandeur en chef de la katiba (Mouvement islamique armé Darul Widaya), il avait fait allégeance en 2004 à Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). « Abu Abdallah » est soupçonné d’avoir enrôlé des enfants camerounais et nigérians depuis 2009, avant de prendre en charge les opérations de Boko Haram à Gambaru-Ngala. Dans cette zone du Nord-Est du Nigéria, Abu Musa Aljaali As Sudan a commis de nombreuses atrocités. Sur le théâtre des opérations terroristes, il se dit que c’est son fils, Ousman As Sudani qui est en première ligne. Il tue, mais prend en otage les jeunes filles dont il fait des objets s*e*xuels. C’est en 2013 qu’Abu Musa Aljaali As Sudan s’est davantage radicalisé lorsqu’il a perdu son épouse dans les combats à Gao au Mali.

Denis Nkwebo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *