Se disant vainqueur de la présidentielle du 12 octobre 2025, Issa Tchiroma Bakary lance un appel solennel à l’ensemble de la diaspora camerounaise. Dans un message adressé aux militants, activistes et membres de la société civile établis à l’étranger, il réclame une mobilisation unie et concertée pour contester ce qu’il appelle une usurpation de sa victoire par le régime en place à Yaoundé.
Un appel né dans un contexte de tensions politiques majeures
Le message de Tchiroma intervient dans une période particulièrement agitée sur l’échiquier politique camerounais. La récente création d’un poste de Vice-Président nommé — qu’il qualifie de dérive monarchique — a mis le feu aux poudres au sein de l’opposition et de la diaspora.
Tchiroma reconnaît dans son texte que la diaspora camerounaise s’est déjà fortement mobilisée ces dernières semaines : hommages à Anicet Ekané, dénonciations publiques des modifications constitutionnelles, soutien aux victimes de la crise post-électorale. « L’éloignement géographique n’éteint pas le patriotisme », écrit-il.
Mais il tire la sonnette d’alarme sur un risque bien réel : les divisions internes. Querelles de leadership, polémiques sur les réseaux sociaux, attaques personnelles — autant de dynamiques qui, selon lui, fragilisent la mobilisation collective au mauvais moment.
L’unité comme condition du changement
Le cœur du message est clair : sans convergence des luttes, rien ne sera possible. Tchiroma appelle chaque acteur de la diaspora à « privilégier l’essentiel » et à subordonner les ambitions personnelles à l’objectif commun — le rétablissement de la vérité des urnes telle qu’exprimée, selon lui, le 12 octobre 2025.
Il rappelle que la diaspora a historiquement joué un rôle majeur dans les grands moments politiques du Cameroun : luttes pour l’indépendance, retour au multipartisme, contestation du hold-up électoral de 1992. Il attend d’elle qu’elle soit à la hauteur de ce précédent.
L’appel vise également les détenus post-électoraux, dont le sort est présenté comme une urgence humanitaire et politique à laquelle la diaspora doit répondre concrètement.
La mobilisation que Tchiroma espère ne sera crédible que si elle se traduit par des actions coordonnées et visibles. La diaspora camerounaise, forte et dispersée sur plusieurs continents, a la capacité de peser. Reste à savoir si cet appel à l’union parviendra à dépasser les rivalités qui fractionnent depuis longtemps les oppositions camerounaises à l’étranger.





