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Sur la route de la CAN 2021 : Oui nous avons péché, par action et par Omissions

Faute de ressources diront certains, fautes de moyens diront d’autres, mais nous n’y croyons vraiment pas. En événementiel, et par ailleurs dans toutes les organisations, les moyens ne sont qu’une conséquence. On fait le choix de déterminer le type d’organisation qu’on veut à la taille des moyens que l’on a.

Ne nous cachons toujours pas derrière les exigences parfois très aberrantes de la CAF, pour justifier nos insuffisances, nos de incompétences, voire nos ignorances. Tout en reconnaissant que certaines de nos insuffisances sont collectives, nous dirons aussi que les responsabilités sont partagées. À chacun de jouer convenablement sa partition pour que la musique soit agréable et que la fête soit belle. Lorsqu’on veut sucer sa CAN, on se rassure qu’on a les dents. Le Cameroun en a pourtant…

Nous pouvons faire des efforts d’y aller doucement en mettant des gants, soit en parlant à demi mots pour éviter de heurter les sensibilités, les consciences et les egos, mais dommage nous finirons toujours par dire ce qu’il faut puisque l’expertise n’a pas de sentiments. En voulant échapper aux éléments de langage technique, nous risquons de dénaturer l’orthodoxie de la science ou de violer l’intégrité de la déontologie du métier. Si l’événementiel est un art, il faut le laisser aux artistes. L’événementiel étant une science, il revient aux professionnels et aux experts de cette science de prendre leurs parts de responsabilités en montrant le chemin.

Nous avons très souvent entendu dire ici et ailleurs que le Cameroun et les camerounais sont des orgueilleux. Le moment est donc venu pour le Cameroun et les camerounais, de montrer au monde entier que nous sommes orgueilleux, que nous sommes fiers d’être orgueilleux, que nous sommes tout simplement fiers. En fait, il est légitime de s’en orgueillir d’organiser une Coupe d’Afrique des Nations de football. C’est un orgueil positif. Cet orgueil s’appelle tout simplement la fierté. Soyons fiers…

Tout se passe jusque là comme ci cette Coupe d’Afrique des Nations nous a été imposée. On ne perçoit pas la joie et la fierté qui devraient animer notre nation à vivre ce moment de son histoire. Et pourtant, tout comme la bonne nouvelle, la joie et la fierté se partagent. À l’image du corps humain, pour ne citer que cette allégorie, quand on est content, cela se ressent jusqu’aux orteils. Les camerounais, tous les camerounais et chacun, doivent ressentir, vivre et partager cette joie. Permettons à nos compatriotes de s’approprier cette Coupe d’Afrique de Football dont l’organisation au Cameroun arrive à moment crucial de son histoire. C’est par là et uniquement par là que passera la réussite de ce grand évènementiel.

Il est donc impératif d’impliquer les camerounais de tous les échelles confondus pour que cette fête soit belle. Pour y parvenir, il suffit tout simplement de susciter leur adhésion. Il existe en évènementiel, des méthodes et des techniques que cette belle science met en mouvement pour susciter l’adhésion. Dans la plupart des cas, trois appâts sont indispensables pour y parvenir : La fierté, le positionnement et le gain. On peut confondre tout ceci en un mot : INTÉRÊT.

Nous avons certes vu le gouvernement en mouvement, mais de manière partielle, parfois incohérente voire inconsistante. En mobilisant les acteurs économiques à investir et à s’investir, sans garanties ni engagements fermes, plusieurs ministres avec en-tête le Chef du Gouvernement, ont fait des efforts pour donner de l’émulation à certains secteurs d’activités de notre résiliente économie. Ce sont des efforts bien considérables mais pas suffisants. Ce serait banal de le dire ainsi mais dans les pays avisés, même les prostituées ont souvent été formées pour livrer de la bonne marchandise aux futurs clients. Bien évidemment dans ces pays là, ce métier est officiellement reconnu. Au Cameroun, nous n’en savons rien. Disons que nous jonglons encore.

Invoquons ici un levier important, la communication. Il s’agit de la communication institutionnelle et de la communication sociale. Pour ce cas précis, même la communication institutionnelle s’appuie sur la communication sociale puisque la communication sociale a pour principal substrat l’intérêt commun. En cela nous avons pêché. Oui nous avons péché, par actions et par omissions. Une occasion jusque-là manquée, voire ratée, même si nous pouvons encore nous rattraper. C’est ici le lieu de dire, que les organisateurs de cette CAN ne nous semblent pas assez compétents. Ils évoquent l’absence de moyens mais en fait il se pourrait qu’ils manquent plutôt de génie. Il s’agit du génie événementiel. En mettant en mouvement le génie événementiel, on peut réduire au dixième les moyens et les ressources nécessaires pour réaliser une activité.

Nous parlons bien évidemment d’une science. La science qui permet de calculer et de prévoir, dans le temps et dans l’espace, les besoins en prestations et moyens, des activités interdépendantes qui concourent à la réussite d’une organisation. Tout ce décor planté avait pour objectif de vous montrer que la cérémonie du tirage au sort qui a eu lieu le mardi 17 Aout 2021 au Palais des Congrès de Yaoundé, n’a été autre qu’un conglomérat d’insuffisances. Bien évidemment la lecture des professionnels ou des experts ne peut pas être la même que celle des amateurs ou des profanes.

L’absence de la communication, la pure, la vraie, l’offensive, celle d’intérêt, autour d’une cérémonie comme celle du 17 Août 2021, illustre à suffisance que l’adhésion de la population n’a pas encore été suscitée. Sinon comment comprendre que les camerounais, organisateurs de la CAN 2021, dans leur propre pays, aient été transformés en spectateurs alors qu’ils devraient en être les principaux acteurs. Un doigt accusateur pointe violemment la prise en otage de cette organisation par une administration qui ne peut pas aller au-delà de sa routine régalienne. Et pourtant la mise en synergie des génies divers et pluriels que regorge ce beau pays allaient nous offrir une cérémonie encore mieux relevée. Il faut absolument libérer la CAN s’il vous plaît.

Nous avons manqué de génie événementiel à susciter l’adhésion des camerounais. Tout simplement par ce que nous ne communiquons pas et lorsque nous communiquons nous le faisons peu et/ou mal. Nous avons manqué de génie à expliquer, à faire comprendre, à réveiller l’orgueil, à montrer le gain à chacun et à tous les camerounais de la pertinence à organiser cette CAN chez nous et maintenant. Nous avons manqué de génie à associer et à intégrer les expertises diverses pourtant sollicitées ailleurs et qui font des merveilles. Le gouvernement ne pouvant pas tout faire seul, il a intérêt voire l’obligation d’impliquer tous les corps sociaux, cela lui facilitera la tâche.

Une cérémonie de tirage au sort est un galop d’essai. C’est un échantillon. C’est un test. Quand on finit de faire une installation électrique, on la teste pour vérifier qu’elle marche. Cela permet de corriger, de rectifier et d’améliorer pour que le jour-J, tout soit net et parfait. Il ne faudra donc pas s’offusquer de recevoir des critiques objectives et constructives.

Faisons parler et vivre nos aéroports. C’est par là qu’ils entreront au Cameron pour la plupart. C’est là qu’ils se feront la première impression de ce qu’est ce pays. C’est là qu’ils modifieront positivement la perception qu’ils ont de notre nation, la nation de Son Excellence Albert Roger Milla.

Faisons parler et vivre les parcours, les boulevards, les avenues, les rues, les ruelles, les carrefours, les ronds-points.

Faisons parler et vivre les panneaux, les espaces publics, les murs des grands bâtiments, les talus, les collines, les édifices publics, nos hôtels, nos restaurants, nos musées.

Animons et agitons nos plateformes, nos supports, nos organes, nos médias, nos cérémonies, nos tribunes.

Montrons et exposons au monde entier nos atouts, notre potentiel, notre savoir-faire, nos richesses, notre histoire, nos diversités plurielles, nos icônes, nos figures, nos étoiles.

Enseignons et formons notre peuple à profiter de cet événementiel, à y gagner de l’argent, à y gagner de la compétence, à s’y impliquer profondément.

Améliorons l’image du Cameroun, modifions son indice de perception à l’intérieur comme à l’extérieur, rassurons nos partenaires et nos bailleurs de fonds, stimulons nos investisseurs, motivons nos commerçants.

Valorisons notre art culinaire, notre vestimentaire, nos danses, notre artisanat, nos vestiges, notre patrimoine, nos valeurs.

Bradissons haut et fort notre palmarès.

Nous sommes camerounais, nous sommes orgueilleux, nous sommes fiers.

SOYONS FIERS D’ORGANISER CETTE COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS DE FOOTBALL.
SUCONS AVEC FIERTÉ NOTRE CAN.
BONNE FÊTE À TOUTES ET À TOUS.

Mustapha Ali Mboglen
Logisticien GMO
Expert Consultant International

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