Stéphanie Daplouma, coordinatrice régionale du mouvement « Franckistes » à l’Est, multiplie les publications pour promouvoir Franck Emmanuel Biya au poste de vice-président de la République. Depuis la promulgation de la loi créant cette fonction, le fils du chef de l’État est présenté par ses soutiens comme le candidat naturel. Un lobbying assumé, qui monte en intensité sur les réseaux sociaux camerounais.
Ce que Daplouma dit de Franck Biya
Le portrait qu’elle dresse est précis, presque construit comme un dossier de candidature. Franck Biya n’est pas présenté comme un héritier. Il est décrit comme un homme « formé à l’école du silence et de la rigueur du Palais », qui aurait passé une trentaine d’années à observer les rouages de l’État de l’intérieur.
Pas de clan. Pas de réseau à nourrir. C’est le premier argument mis en avant.
Mme Daplouma cite ses atouts un par un : l’écoute, la gestion de crises, le sens du sacrifice pour la nation. Elle réfute d’avance les critiques sur le manque d’expérience politique avec une formule directe : « On dit manque d’expérience ? Nous disons manque de compromis. »
Sur la question de l’unité nationale, elle lui prête une « approche pragmatique » capable de rassembler anglophones, francophones, Bétis, Bamilékés, Kirdi. Et pour répondre à ceux qui évoquent le nepotisme, elle anticipe : « Franck Emmanuel Biya n’a pas besoin d’Etoudi pour exister. Son nom est déjà dans l’histoire. »
La coordinatrice compare même le profil de Franck Biya à ceux de dirigeants qui ont émergé au Sénégal, en Indonésie ou au Brésil, des profils nouveaux ayant impulsé un souffle de renouveau dans leurs pays respectifs. La comparaison est audacieuse, on ne sait pas encore si elle convaincra au-delà des cercles déjà acquis.
Une campagne qui dit ce que beaucoup murmurent
Ce qui est notable, ce n’est pas seulement le contenu du message. C’est son existence même.
Pendant longtemps, le nom de Franck Biya circulait dans les couloirs, jamais vraiment dans la presse ou sur les tribunes militantes. Le mouvement « Franckistes » change ça. La démarche est organisée, les publications régulières, le vocabulaire rodé.
Pourtant, plusieurs questions restent sans réponse. Franck Biya lui-même n’a émis aucune déclaration publique sur ses ambitions. La Constitution ne précise pas encore les modalités de désignation du vice-président. Et le président Paul Biya n’a donné aucun signal officiel sur ce dossier.
C’est une campagne qui tourne à plein régime pour une candidature que personne n’a encore officiellement annoncée. Le paradoxe est là, et il est difficile à ignorer.
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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Franck Biya a une excellente formation universitaire et il a la pratique de l’administration
En sa qualité d’acteur privé, braucoup de resmonsables politiques n’en aucune