Société d'Etat liquidées : Une pluie de réclamations

Une semaine après le début des paiements des droits sociaux, de nombreux ex-employés sont loin de voir le bout du tunnel. Hier matin, les ex-employés des sociétés d??Etat liquidées ou restructurées étaient encore nombreux devant les guichets des banques. Même si beaucoup de ceux qui avaient

convergé vers les différents points de paiement des droits sociaux ont désisté, au vu des difficultés qui les ont accueillis dès le début de l??opération. Au premier rang des embarras, l??absence des noms sur les listes d??un bon nombre des personnes présentes, parfois venant des coins les plus reculés du pays. Selon ces anciens travailleurs, les effectifs arrêtés ne correspondent pas à la réalité. C??est le cas par exemple de la Zapi Est, de la Sotuc, de la Sopecam, de l??ONCPB. « Lorsqu??on a fermé la Zapi Est, nous étions 1500 employés à perdre le travail. Aujourd??hui, seules huit personnes vont bénéficier des droits sociaux », déplore un employé. Ailleurs, c??est un seul nom parmi des centaines d??ex-employés qui a été retenu pour le paiement. Les personnes dans cette situation ont d??ores et déjà introduit des requêtes auprès du Premier ministre et de la présidence de la République. Mais à la Commission tripartite chargée de l??examen de ce dossier, on se veut clair. « Ceux qui n??ont pas trouvé leur nom sur les listes sont ceux qui avaient déjà perçu la totalité de leurs droits », affirme Raymond Yapele, président de ladite commission. D??ailleurs, il précise que ce n??est que le reliquat de ces droits sociaux, comprenant l??abattement, l??indemnité de chômage technique, le non reversement du crédit foncier et le non reversement de la prime de non logement, qui est entrain d??être liquidé (environ 30% des droits dus). Par ailleurs, pour certaines entreprises, seules des décisions de justice sont exécutées. D??où la disparité entre le nombre d??employés licenciés et le nombre de bénéficiaires. D??un autre côté, si tous les anciens travailleurs de certaines entreprises sont heureux d??avoir été pris en compte dans le processus, ils n??ont pas encore retrouvé le sourire. Les anciens de l??Office pharmaceutique vétérinaire (OPV) par exemple sont dans une certaine angoisse. Leur dossier est retourné au ministère du Travail et de la Sécurité sociale pour un examen plus approfondi. En effet, aucune des 50 personnes inscrites sur la liste n??a pu toucher ses droits à cause des erreurs de calcul. « Pour certains, la somme a été revue à la baisse par rapport aux détails que nous avons pu apercevoir sur les fiches. Pour d??autres, c??est le contraire », raconte une des ex-employés concernés. Pour ce cas précis, les paiements ont été suspendus, le temps d??y voir plus clair. Quant aux primes de reconversion, que l??ensemble des ex-employés réclament, il faudra encore patienter. « Nous attendons la décision technique et administrative du gouvernement. Les ex-employés doivent continuer d??attendre, la réponse leur sera donnée en temps opportun », a déclaré Raymond Yapele. Par contre, on a enregistré des cas de fraude où des gens se font payer plusieurs fois la totalité de leurs droits. C??est le cas d??un ex-employé de la Zapi Est qui est déjà revenu deux fois avec des décisions de justice différentes. Il a encore tenté son coup cette fois-ci, mais il a été démasqué et ses paiements tout simplement annulés. La date du 22 août, prévue pour la fin de cette opération sera donc prorogée, jusqu??à ce que tous les paiements aient été effectués.
Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM, CT

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